Troubles alimentaires : les signes qui alertent

On peut penser que les troubles alimentaires sont flagrants or ils sont souvent constatés tardivement, quand la santé de la personne concernée s’aggrave sérieusement. Et pour cause : on peut souffrir de TCA (troubles du comportement alimentaire) en étant mince, ronde, fit… Une personne obèse peut se retrouver en anorexie, une personne maigre peut être boulimique, une personne sportive peut très bien être hyperphagique…

Il n’y a pas de physique « type » mais il y a par contre une souffrance commune : le besoin de contrôle qui prend l’ascendant sur la personnalité et la vie de la personne, de pair en général avec un profond mal-être. Et cette souffrance peut s’exprimer de bien des manières au quotidien, parfois de façon très subtile si bien qu’il est souvent difficile de repérer que quelque-chose ne va pas. Parmi le panel de signaux possibles, voici un ensemble de comportements qui peuvent vous mettre la puce à l’oreille pour tendre la main à l’un de vos proches.

RAPPEL DES NOTIONS

Anorexie mentale : réduction volontaire de l’appétit qui se caractérise par des apports caloriques insuffisants. Cela entraine généralement une perte de poids au fil du temps.

Hyperphagie : compulsions qui font ingurgiter une quantité significative et impressionnante de nourriture en un temps limité. Il n’y a pas de compensation ensuite et cela entraine souvent une prise de poids au fil du temps.

Boulimie : hyperphagie qui sera ensuite compensée par des vomissements, du sport à outrance ou des laxatifs pour contrebalancer les calories ingérées. Selon l’ampleur des compulsions et des compensations, cela peut aussi bien faire maigrir que grossir.

Orthorexie : obsession de la nourriture saine amenant à éliminer un grand nombre de catégories alimentaires et à craindre tout aliment « impur ». L’élimination progressive des aliments amène souvent à une perte de poids au fil du temps.

Alors qu’est-ce qui différencie l’anorexie d’un petit régime ? L’hyperphagie et la boulimie d’un peu trop de gourmandise ? L’orthorexie d’une hygiène de vie saine ? La peur. L’excès. Un comportement alimentaire devient problématique dès lors qu’il perd sa spontanéité, devient source d’angoisse et prend trop de place dans l’esprit sur la journée, entrainant petit à petit des risques pour la santé et un état nerveux.

DU STRESS POUR LES REPAS IMPROVISÉS

Restos, changements de menu, sortie, goûter improvisé… Quand une personne panique sérieusement à l’idée d’un changement pour le repas, qu’elle réfléchit déjà à comment s’arranger, comment le compenser, est angoissée de manger différemment de ses habitudes… C’est là un bon indice d’une peur sous-jacente et d’un besoin accru de contrôler ce qu’elle mange.

DE LA DYSMORPHOPHOBIE

Certes nous avons tous nos complexes, globalement irrationnels. Toutefois, si une personne ne se perçoit vraiment plus telle qu’elle est, se voyant exagérément grosse par rapport à sa morphologie réelle, il y a un problème plus profond à prendre au sérieux.

DES COMPULSIONS

Si l’un de vos proches dégomme de la nourriture à la moindre tentation ou sortie, il y a de fortes chances qu’il soit en restriction. Il fait une razzia sur le buffet ? Il hésite à prendre une gaufre au café du coin car « c’est pas bon pour la ligne » pour finir par dévorer 4 desserts ? L’excès de prise alimentaire, au-delà de la petite gourmandise, est caractéristique des personnes qui se privent au quotidien et finissent par céder à leurs envies dans l’idée que « foutu pour foutu, autant manger tout ce que je veux car je ne pourrai plus en manger avant longtemps ».

DES REPAS DIFFÉRENTS

Il peut y avoir pas mal de raisons à l’envie de cuisiner (envie de manger plus sain, une nouvelle éthique – végéta*isme -, objectifs sportifs) mais un changement très brusque, une envie soudaine de cuisiner à part, des repas pris en marge de la famille doivent quand-même encourager un check-up que tout va bien.

DE L’ISOLEMENT

Elle annule les sorties, fuit les restos ou la crêpe au coffee shop, se confie moins, semble plus éteinte, dans sa bulle… Les troubles du comportement alimentaires ont cette particularité de parasiter l’esprit et le quotidien très rapidement. Ils prennent de plus en plus de place, jusqu’à occuper toute la place. Comme la dépression, ils poussent à se replier sur soi-même, à cultiver un « monde intérieur » où les petites voix assassines font la loi : ne mange pas, ne sois pas tentée, mange jusqu’à exploser…

UN ATTRAIT PRONONCÉ POUR LA NOURRITURE

Même dans le cas de l’anorexie, la nourriture ou absence de nourriture reste au cœur de l’esprit. Les personnes touchées par des TCA vouent une attention toute particulière à l’alimentation, ils peuvent même aimer cuisiner voire adorer voir leurs proches se régaler et chercher à les resservir. Eux en revanche ne mangeront pas ou différemment, mais c’est un peu comme s’ils mangeaient par procuration. L’alimentation est un sujet riche et fascinant mais il ne doit pas prendre trop de place. Une fixette trop prononcée dessus peut être un indicateur d’un problème.

DES RITUELS AUTOUR DES REPAS

Agencer la nourriture d’une certaine façon, trier les aliments, s’isoler dans sa chambre avec de quoi grignoter, aller aux toilettes après le repas ou se précipiter pour faire du sport… Ce sont là autant de signes inquiétants à surveiller de près.

Les TCA peuvent commencer à un très jeune âge et le rôle de l’entourage, dans le bon sens, est capital. Savoir repérer les prémices, c’est le premier pas pour tendre la main et offrir du soutien. En cas de doutes envers l’un de vos proches, vous pouvez trouver du soutien auprès d’un psychologue spécialisé. Mais votre présence, votre écoute et votre bienveillance seront toujours un facteur essentiel à la guérison de ceux que vous aimez.

About the author
Coach certifiée en Nutrition Naturelle, je partage ma passion pour la gourmandise, le sport et le bien-être dans une optique de bienveillance. De la Belgique à Paris en passant par New York et Rome, je ne me lasse jamais de découvrir de nouveaux délices mais je préserve un amour sans faille pour le chocolat et les frites.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *