Contraception sans hormones : quelles options s’offrent à nous ?

De plus en plus de femmes délaissent la pilule et autres contraceptifs hormonaux (implant, anneau, stérilet). Pourquoi cette révolution ? Tout simplement car de plus en plus de femmes décèlent une sensibilité à ce shoot d’hormones durant des années. Si certaines les tolèrent toutefois très bien, d’autres en font les frais au quotidien : libido au point mort, dépression, migraines, sécheresse vaginale, mycoses, prise de poids, acné… Nous sommes toutes différentes et ce qui marche pour l’une ne conviendra pas forcément à l’autre. Mais vers quelles options se tourner lorsqu’on choisit de renoncer aux hormones ?

LES GYNÉCOLOGUES MIS EN CAUSE

De nombreux hashtags comme #payetongyneco,  #payetacontraception ou encore le livre « J’arrête la pilule » de Sabrina Debusquat dénoncent le manque général d’empathie et de mise en garde de nombreux gynécologues. En effet, depuis deux décennies, la pilule est prescrite en première instance comme un contraceptif commun et banal. Les effets secondaires décriés par certaines utilisatrices ne sont pas souvent pris au sérieux et les alternatives très rarement présentées. En outre, le mouvement croissant d’arrêt de la pilule (instantané ou progressif en sevrage sur plusieurs mois) qui défraye les réseaux sociaux met en avant les énormes inconvénients que cet arrêt entraine souvent : chute de cheveux, rebond d’acné, prise ou perte de poids, cycles anarchiques quelques temps, SPM intensifié les premiers mois… Après des années sous pilule, c’est le bordel intégral dans le corps et pour évacuer les hormones, il faut compter environ une bonne année au moins pour que tout ne revienne à la normale et que le contre-coup ne s’estompe. « Si j’avais su qu’arrêter la pilule me créerait autant de soucis, je ne l’aurais jamais commencée » ai-je lu des centaines de fois sous des vidéos, des forums et autres posts.

Des groupes de soutien ont également été créés sur Facebook, ainsi qu’une association pour les « Victimes du stérilet Mirena», ou stérilet hormonal le plus utilisé en France.  Son argument phare est de disséminer des hormones localement, avec donc des effets secondaires moindres et une nocivité plus faible pour le corps. Pourtant, des milliers de femmes décrivent des effets secondaires du même type que certaines pilules, comme des tendances dépressives, des infections, des problèmes de poids ou encore de libido mais aussi de la tachycardie, des troubles de la vue, des kystes aux ovaires et encore bien d’autres. L’impact du stérilet aux hormones ne se limiterait donc pas à la région génitale chez certaines. Bref, l’idée n’est pas de diaboliser les contraceptifs hormonaux, qui restent utiles pour beaucoup de femmes et parfois indispensables (en cas d’endométriose par exemple) mais le manque d’écoute et de prise au sérieux quand les effets secondaires sont présentés ou que la patiente réclame des alternatives. Trop de gynécologues minimisent encore nos souffrances et se contentent d’un « cela n’a rien à voir » ou « c’est psychologique » lorsqu’on fait mention de douleurs, de prise de poids ou de mal-être. Trop de gynécologues prescrivent la pilule aux jeunes filles sans raison particulière (cycles douloureux, règles hémorragiques, acné qui résiste aux alternatives), sans présenter d’autres possibilités et sans les informer qu’arrêter les hormones un jour ira de pair avec un sacré paquet d’effets indésirables. Découvrons des options pour toutes celles qui ne supportent plus ou ne souhaitent pas prendre d’hormones.

LE DIU EN CUIVRE

Longtemps réservé aux femmes ayant déjà eu des enfants, le stérilet de cuivre se démocratise de plus en plus même si tous les gynécologues ne sont pas partants pour le poser. Il souffre encore de nombreux préjugés, malgré le développement de modèles plus petits pour les nullipares (femmes n’ayant jamais accouché).  S’il n’est pas sans contre-indications, il reste une option très intéressante.

© E-santé

Toute pose doit idéalement être précédée d’un examen de l’utérus, afin de déterminer si sa taille et sa forme sont adaptées (certains utérus sont rétroversés, avec des fibromes ou fort petits et donc pas conseillés). Autres conditions : ne pas être enceinte, ne pas avoir d’infection ni d’allergie au cuivre. Le cuivre présent sur le stérilet inactive les spermatozoïdes, les rendant inaptes à la fécondation. Le DIU provoque également une petite inflammation dans l’utérus, modifiant la paroi de l’endomètre pour empêcher toute nidation. En revanche, il n’empêche pas l’ovulation et n’agit donc pas sur les douleurs de règles, le SPM et les saignements, qu’il a tendance à intensifier la première année. Les femmes ayant déjà des règles très abondantes et douloureuses devront peut-être se pencher sur d’autres alternatives.

AVANTAGES :

  • protection pour 5 ans
  • on ne doit plus s’en préoccuper après la pose
  • il peut servir de contraception d’urgence, plus efficacement qu’une pilule du lendemain
  • s’il est bien posé, il ne se sent pas au quotidien ni durant les rapports
  • il convient aux femmes allaitantes
  • il est très peu cher (autour de 40 euros + le prix de la consultation)

INCONVÉNIENTS :

  • la pose peut être très douloureuse chez certaines, ainsi que les jours d’après
  • les premiers cycles sont souvent longs et douloureux, il faut du temps
  • les règles sont plus abondantes de manière générale
  • les règles abondantes augmentent l’acidité du vagin et peuvent chez certaines favoriser les mycoses
  • malgré son taux d’efficacité pratique de 99,2%, des cas de grossesses arrivent quand-même, obligeant généralement une opération. Il existe également des cas de rejet.

LE PRÉSERVATIF MASCULIN OU FÉMININ

Sa notoriété n’est plus à faire mais sa popularité reste mitigée. Le préservatif, le plus souvent fait de latex et enrobé de lubrifiant, sert de barrière physique tant aux spermatozoïdes qu’aux IST en enfermant le sexe masculin. Il assure donc une double protection, qui peut être agrémentée de textures, parfums et jeux pour pimenter sa pose. Une alternative encore peu connue mais souvent très appréciée est le préservatif féminin : même principe, il s’agit de poser une barrière aux spermatozoïdes et aux IST mais cette fois en enrobant le vagin de la femme.

© Femme Actuelle

Le préservatif féminin est donc plus large et dépasse sur les lèvres. Glamour ? Moyen. Mais il a l’avantage de ne pas serrer le pénis puisqu’il se colle sur les parois du vagin et il est vecteur de chaleur. Si certains ont « l’impression de faire l’amour à un sac poubelle », d’autres au contraire adorent « la sensation de ne rien porter et de ressentir toutes les sensations et la chaleur du vagin durant les rapports ». Son taux d’efficacité pratique est de 79%, contre 85% pour le préservatif masculin, avec en revanche des taux d’efficacité théorique avoisinant les 95%. La pose est donc très importante.

AVANTAGES :

  • double protection
  • possibilité de créer des jeux et de varier les plaisirs
  • possibilité de bien ressentir le vagin avec le préservatif féminin
  • facile à emporter partout

INCONVÉNIENTS :

  • efficacité plus faible que la pilule et le stérilet de cuivre
  • besoin d’une pose bien effectuée
  • besoin d’y penser à chaque rapport et d’anticiper
  • un peu coûteux à terme

LE DIAPHRAGME

Ce petit dispositif en silicone est également une barrière physique aux spermatozoïdes. Il se pose à l’intérieur du vagin, contre les parois de l’utérus et derrière l’os du pubis. Pour compléter son action, il est toujours utilisé avec du gel spermicide en plus, inséré à l’intérieur de la coupelle et sur les bords de celui-ci. Une fois acheté, il peut servir durant deux ans mais doit être utilisé au jour le jour.

Le diaphragme se place juste avant un rapport ou deux heures à l’avance. Il doit ensuite être conservé à l’intérieur pendant au moins 6 heures après le rapport, le temps que les spermatozoïdes ne soient plus mobiles, avant d’être retiré et lavé à l’eau et au savon, jusqu’à la prochaine utilisation. Si son taux d’efficacité théorique est de 94%, sont taux d’efficacité en pratique est plus haut que le préservatif avec 88% ! Toutefois, il requiert de bien s’entrainer à le poser correctement et de bien comprendre son corps pour éviter tout risque.

AVANTAGES :

  • confort pour les deux partenaires
  • faible coût (30 euros) amorti sur deux ans
  • possible d’enchainer plusieurs rapports mais il faut alors remettre du gel spermicide avec un applicateur
  • protection plutôt élevée

INCONVÉNIENTS :

  • besoin de bien connaître son corps et se familiariser avec la pose
  • besoin d’appliquer du gel spermicide à chaque rapport
  • il ne protège pas des IST

LA SYMPTOTHERMIE

Elle découle des méthodes de nos grands-mères mais s’est depuis largement perfectionnée. La symptothermie est une méthode d’observation des cycles pour déterminer les périodes de fertilité, les périodes à risque et les périodes sures. Elle repose sur trois observations : les sécrétions vaginales (l’élixir), la température au réveil et éventuellement le toucher du col de l’utérus pour les plus avancées. Chaque matin après les règles, la femme prend sa température au réveil avant de poser le pied au sol, avec une marge de deux heures. Elle observe également au fil des jours la texture de son élixir (sec après les règles, blanc crémeux puis filasse et transparent en approchant de l’ovulation puis grumeleux et jaunâtre après ovulation) et si elle le souhaite la position (haut/bas) et la texture de son col de l’utérus (dur/mou).

© 24 Heures

L’application Sympto sur mobile permet alors d’encoder ces données et de les croiser tout en tenant compte des variations de chaque cycle pour établir l’ouverture de la fenêtre de fertilité, les tentatives (réussies ou non) d’ovulation puis la période infertile. Il nous appartient alors de choisir en période fertile une protection parmi celles ci-dessus ou l’abstinence. Certains appareils comme le Lady Comp simplifient tout ceci en une seule mesure (avec un taux de fiabilité de 99,3%) mais avec un coût de 300 à 500 euros. Pas accessible à toutes donc ! Pour les débutantes, de nombreux groupes Facebook permettent d’échanger et de poser des questions en cas de doute. Le manuel complet assure avant le lancement toutes les informations nécessaires pour bien comprendre les principes et les mettre en place.

AVANTAGES :

  • retour à une approche naturelle et une écoute du corps
  • une bonne fiabilité si fait avec rigueur et sérieux
  • aucune perturbation des cycles comme avec un stérilet
  • possibilité de rapports non protégés en période sure
  • la méthode est complexe mais s’automatise avec le temps

INCONVÉNIENTS :

  • prise de température chaque matin, avec régularité
  • observation des fluides qui ne met pas tout le monde à l’aise
  • seulement une moitié de cycle infertile pour des rapports non protégés
  • besoin d’encoder ses facteurs avec rigueur et de bien connaître son corps
About the author
Coach certifiée en Nutrition Naturelle, je partage ma passion pour la gourmandise, le sport et le bien-être dans une optique de bienveillance. De la Belgique à Paris en passant par New York et Rome, je ne me lasse jamais de découvrir de nouveaux délices mais je préserve un amour sans faille pour le chocolat et les frites.

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