Femmes inspirantes : 5 romans graphiques à lire absolument

Je ne me lasse jamais de découvrir des femmes de caractère, bercées par l’ambition, la passion et un grand coeur. Qu’elles soient réelles ou imaginaires, elles me transportent dans un monde de possibilités, d’aventure et de réflexion. Si j’adore les livres, les romans graphiques ont eux l’avantage d’apporter un univers visuel chaque fois unique en son genre. Rien de tel pour une immersion totale ! Découvrez 5 romans graphiques qui m’ont marquée par leurs héroïnes inspirantes et battantes.

« PERSEPOLIS » PAR MARJANE SATRAPI

De loin mon roman graphique préféré de tous les temps… Il est écrit et dessiné par son héroïne, Marjane Satrapi, qui y relate sa jeunesse en Iran dans les années 70 et 80. Révolutions politiques, rébellions, restriction des libertés et contraintes vestimentaires, le pays vit une époque difficile et s’y épanouir en tant que jeune femme est d’autant plus compliqué. On s’attache immédiatement à cette petite fille rebelle élevée dans une famille ouverte d’esprit, cultivée et aimante.

A mesure que son quotidien s’étrique sous le poids de la révolution islamique, on se demande en même temps que l’héroïne quel futur elle pourra envisager. Marjane allie dans cet ouvrage au dessin simple et efficace les tribulations d’un cerveau bouillonnant avec l’histoire d’un pays en pleine mutation. C’est un regard direct et sans filtre sur sa jeunesse, les épreuves qu’elle a traversées et la femme forte, battante et authentique qu’elle est restée.

« ERIKA ET LES PRINCES EN DÉTRESSE » PAR YATUU

Erika est une princesse médiévale fictive issue de l’imagination de Yatuu, illustratrice célèbre pour ses BD dénonçant les terribles conditions de stage dans la publicité sur son blog. Dans cette fiction fantasy, le monde est régi par le matriarcat et tous les rôles sont inversés : les femmes ont les postes de pouvoir, les métiers de force, les rôles décisionnaires. Elles choisissent leur époux, elles sont admirées pour leur force physique et leur tempérament effronté. Les hommes sont eux perçus comme fragiles et frêles et subissent parfois les attouchements ou les injustices de ces dames.

Erika est héritière du royaume de Brute et est contrainte de se marier pour accéder au trône, c’est le protocole même si un roi n’est qu’un accessoire. Elle passe finalement un pacte avec sa mère, reine impitoyable : si elle parvient à résoudre le mystère des princes disparus dans les royaumes voisins, elle pourra régner en solo. Elle part donc en quête de sa liberté, accompagnée de Pita, son écuyère et de Bucéphale, un cheval au caractère bien trempé. Teinté d’influences mangas dans le dessin, ce roman graphique aborde beaucoup de thématiques importantes avec humour et une solide dose d’action. Le premier volume est entièrement disponible sur le blog de Yatuu et peut se commander en version papier sur Ulule. La suite est en cours de préparation et je trépigne d’impatience !

 « SOUS LES BOUCLETTES » PAR GUDULE ET MÉLAKA

Gudule était une illustratrice et autrice de romans pour enfants d’origine belge. Sa série « Zoé la trouille » a bercé ma pré-adolescence de son suspense insoutenable, mes tous premiers thrillers qui ont su me faire frissonner et me donner goût à la lecture. Au cours de sa vie, elle a travaillé comme reporter au Moyen-Orient, illustré bon nombre de livres, collaboré avec divers magazines dont Charlie Hebdo et a côtoyé toute la crème du dessin dans les années 70. Cet ouvrage, réalisé avec sa fille, fait le parallèle entre ses jeunes années et les moments clés de sa carrière, avec la fin de sa vie, marquée par la maladie et le soutien inconditionnel de ses proches.

Après avoir perdu son premier conjoint d’un cancer, Gudule a développé une tumeur au cerveau quelques mois après. S’en suit alors une descente aux enfers progressive, entre le corps qui cesse petit à petit de fonctionner et l’esprit qui fatigue de lutter. Heureusement, son compagnon et ses enfants sont d’un soutien sans faille pour aider celle qui fut autrefois une femme boute-en-train, ambitieuse et passionnée, comme en témoignent les pages flashback. Ce roman graphique aborde un sujet très dur mais très percutant, à travers le parcours et le déclin d’une artiste pétillante.

 « LA VOITURE D’INTISAR » PAR PEDRO RIERA

L’auteur Pedro a vécu au Yemen plusieurs mois en compagnie de son épouse. Ils en ont profité pour aller à la rencontre d’une trentaine de femmes et échanger sur leur quotidien. De ce mélange de témoignages est née « Intisar », une femme fictive – pour protéger les sources – mais inspirée d’une multitude de personnes et de faits réels. Elle illustre ce que vit la femme moderne au Yemen, sous le poids d’une société conservatrice où l’aval d’un homme est nécessaire pour tout.

Dans ce contexte restrictif, Intisar, 27 ans, s’accorde des petits moments de liberté, notamment au volant de sa voiture où elle n’hésite pas à défier les hommes. Ou dans son travail d’infirmière, pour autant que les rumeurs ne l’entravent pas. Au Yemen, il suffit d’un mot du père ou du frère pour qu’une femme perde tout et se voit isolée de tout contact social. Malgré tout, Intisar s’efforce de se construire une vie et d’affirmer son individualité dans un monde où les femmes sont réduites au silence. Une plongée saisissante dans un quotidien qui parait irréel et pourtant encore bien présent à travers le monde.

« POLINA » PAR BASTIEN VIVÈS

Bastien Vivès nous fait assister à la naissance d’une étoile dans cette oeuvre poétique. « Polina », son héroïne fictive russe, a tout pour devenir une danseuse étoile lorsqu’elle rejoint la prestigieuse académie de danse à l’âge de 6 ans. Dans ce monde de rigueur et de travail acharné, le destin peut prendre une autre route de façon inattendue, au gré des opportunités.

On pourrait croire qu’il faut être fortement portée sur la danse pour apprécier l’univers de Polina. Mais au-delà du sport, c’est avant tout une aventure humaine, une quête de soi que l’auteur partage. Dans ses jeunes années à l’académie, Polina rencontre le professeur Bojinski, mentor aussi exigeant qu’impitoyable. Ensemble, ils s’efforceront de donner vie à un solo exceptionnel mais qui sait ce que l’avenir peut réserver. On explore ainsi le lien fort et particulier qui unit un élève et son maître et la poursuite d’un rêve à la fois si proche et si inaccessible. On aime Polina parce qu’elle pourrait être nous, parce qu’elle ne renonce jamais face à l’adversité quand les aléas de la vie l’amènent à envisager ses projets sous de nouveaux angles.

About the author
Coach certifiée en Nutrition Naturelle, je partage ma passion pour la gourmandise, le sport et le bien-être dans une optique de bienveillance. De la Belgique à Paris en passant par New York et Rome, je ne me lasse jamais de découvrir de nouveaux délices mais je préserve un amour sans faille pour le chocolat et les frites.

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