Prise de poids en couple : comment retrouver son équilibre ?

On parle toujours de vivre d’amour et d’eau fraiche mais en matière de couple, c’est plus souvent vivre de brunchs et de pizzas au coin du feu. D’apéro en diner romantique, de sushis à domicile en Ferrero Rocher devant la télé, les kilos s’installent lentement mais sûrement. Nos habitudes sont bouleversées, notre relation à la nourriture modifiée et le chiffre sur la balance a tendance à monter. Est-ce une fatalité de prendre du poids à deux ? Pas forcément, mais ça demande quelques ajustements.

UNE QUESTION DE PORTIONS

Combien de fois ai-je entendu lors des coachings privés le problème des portions, surtout quand c’est l’homme qui cuisine. Le schéma courant, c’est un petit appétit qui se cale sur un appétit bien plus gros en face, par « réflexe de manger ensemble« . Peut-être l’avez-vous déjà remarqué mais il est souvent étrange voire inconfortable de regarder quelqu’un manger. Beaucoup de personnes détestent rester sans rien faire tandis que l’autre finit son assiette. Parfois, il peut s’agir de simple gourmandise ou d’envie de faire plaisir. Le/la partenaire s’évertue à faire un bon petit plat, savoureux, généreux en quantité et on a envie d’y faire honneur. Mais à force de dépasser sa satiété régulièrement, on commence à accumuler une petite prise de poids. Un kilo par-ci, un par-là puis il devient difficile de revenir en arrière.

Il vous faut réapprendre à distinguer la nourriture du social. Bien sûr, un bon repas est un moment de partage et de convivialité. C’est important de se faire plaisir. Mais ce qui en fait sa convivialité, c’est surtout sa qualité et l’échange. Pas la quantité. Le plaisir, c’est avant tout déguster quelque-chose de bon en se posant l’un avec l’autre, se détendre, raconter sa journée, rire, papoter. Bref, passer un bon moment en savourant quelque-chose qui nous plait. Pas forcément dégommer 3 kilos de nourriture. Comme à titre individuel, il est important de se recentrer sur les sensations alimentaires :

  • qu’est-ce que je mange ? Sucré, salé ?
  • est-ce piquant ? Doux ? Amer ?
  • quelle texture ça a ? Croquant, onctueux ?
  • quelles sont les saveurs ? Les épices ?

Sans passer 10 minutes à analyser votre plat, prenez le temps de prendre conscience de ce que vous mangez, juste une minute. Prenez le temps de vous poser après une longue journée de travail ou une nuit agitée pour déguster à votre aise, en mâchant bien, en appréciant votre repas. Le cerveau a besoin d’au moins 10 minutes pour réaliser que l’estomac est plein alors profitez-en pour prendre votre temps. Vous n’êtes pas obligé de manger autant que votre partenaire pour apprécier ce repas, vous pouvez finir avant lui, papoter, le laisser apprécier sa portion à sa faim à lui. Et s’il en reste, direction le frigo dans un tupperware. Ce n’est pas parce qu’on ne mange pas tout qu’on va gâcher, il suffit de mettre de côté pour plus tard. Vous sortirez de table bien l’estomac plus léger, la forme au rendez-vous et non en rampant.

UNE QUESTION D’ENNUI

Grossir à deux ne diffère pas tellement de grossir en solo. Les émotions et le contexte sont souvent liés au grignotage. Parfois, manger ensemble est une simple façon de tuer le temps. On traine devant la télé, on évacue les tensions de la journée et on attrape le chocolat dans le frigo. Et si l’un se rue sur le grignotage, l’autre est facilement tenté.

Comme pour une personne individuelle, il est important de réfléchir à la différence entre faim et envie. Avons-nous vraiment faim, avons-nous vraiment envie de ce petit dessert ? Allons-nous réellement le déguster, l’apprécier ou juste l’engloutir par réflexe et pour tuer le temps ? Prenez une minute avant d’ouvrir le placard pour vous demander si vous avez réellement faim, si vous pourriez autant vous satisfaire de cette barre chocolatée que d’un bout de pain. Et si ce n’est que de l’envie, réfléchissez à votre état d’esprit du moment : stressé ? Fatigué ? Ennuyé ? Triste ? Content ? Il y a sûrement d’autres façons d’exprimer votre émotion qu’en mangeant : parler, écouter de la musique, appeler un ami, savourer un thé, faire un massage… Détournez votre attention du grignotage. Vous êtes deux : cela devrait être plus simple de vous changer les idées ensemble !

UNE QUESTION DE SORTIES

Parfois, sans forcément changer beaucoup les repas à la maison, on voit les pantalons se serrer car on va tout simplement au restaurant beaucoup plus souvent. Sans parler de la raclette chez les amis, du buffet anniversaire de Josette et de l’apéro cheese & wine avec la bande. Moi-même, je constate que j’ai plus envie de me faire plaisir avec les sorties de couple, de profiter des bons restos et d’opter pour la pizza 4 fromage au lieu de l’escalope de dinde. Un couple, c’est aussi une dimension sociale et qui dit social dit sorties, qui dit sorties dit tentations.

Chacun doit alors trouver le compromis qui lui convient le mieux : choisir des plats plus légers au resto/aux soirées que le plat de pâtes ou le steak-frites systématiques et alterner avec des options moins caloriques, ou alors faire plus attention le reste du temps. De mon côté, je trouve mon équilibre en me lâchant un peu le samedi soir et le dimanche matin, souvent synonymes de bon repas et de brunch ou petit-déj décadent. Le reste de la semaine, je cuisine un maximum chez moi, je fais la part belle aux légumes, aux fruits, au porridge healthy le matin, aux viandes maigres ou aux petits plats végés. S’il y a un gros repas festif en milieu de semaine, j’en profite mais j’évite d’aller trop loin alors le week-end.

Personnellement, je préfère profiter à fond des plats bien « fat » et gourmands en sortie et manger très équilibré le reste du temps que me passer de gâteau à un anniversaire ou m’arrêter à deux tranches de fromage à une raclette. D’autres préféreront sortir beaucoup mais sans manger exagérément sur place et choisir des options pas trop décadentes. Chacun doit trouver ce qui lui convient. Mais rappelez-vous : à deux comme en solo, à la maison comme au resto, le plaisir vient avant tout de la qualité et du partage. Pas besoin de doubler vos rations à l’extérieur pour apprécier un super repas. Si vous ne finissez pas votre assiette au resto, vous trouverez toujours une bonne âme qui se dévouera, ou vous demandez un doogie bag pour ne pas gaspiller.

UNE QUESTION D’INACTIVITÉ

Pas toujours simple de concilier le boulot, le sport, les amis, le couple. Alors parfois, on esquive un peu le sport, on est moins actif et forcément, on se dépense moins sur la semaine – non, le sport au lit ne compte pas. Rien ne plus normal, chacun essaie d’intégrer l’autre à sa vie du mieux qu’il peut et dans une vie active, il n’est pas toujours si simple de se trouver du temps.

La solution la plus simple est d’être actifs à deux. Cela inclut le sport mais aussi les loisirs. Vous pouvez très bien démarrer en décidant d’être un peu plus actifs ensemble : une promenade le soir pour digérer, un tour au parc à pied ou en vélo le week-end, une petite séance piscine, une séance de badminton au centre sportif, un parcours d’accro-branche, un tour en pédalo sur le lac… Bref, des petits moments qui défoulent à deux ou même avec les enfants si vous en avez. C’est léger, mais ça compte. Et si vous en avez le courage, démarrez une activité plus intense ensemble : run, fitness, escalade, combat, yoga… Voire une activité qui se fait à deux, comme de la salsa ou autres danses de couple. L’important, c’est de vous trouver, au moins une fois par semaine, l’occasion de bouger ensemble et de réveiller un peu votre corps. De prendre du plaisir à prendre soin de vous ensemble et à varier un peu vos activités pour changer du cinéma.

UNE QUESTION DE TENTATIONS

Peut-être avez-vous déjà une bonne hygiène de vie au quotidien mais c’est plus fort que vous : si votre conjoint/conjointe ouvre un paquet de biscuits devant vous, vous avez envie de tout dévorer. Vous êtes parfaitement à l’aise dans vos habitudes mais dès que vous êtes deux, vous enchainez les compulsions et vous n’arrivez pas à vous maîtriser.

Vous devez alors sérieusement remettre en question votre mode de vie. Manger sain c’est bien, mais si le moindre aliment plus sucré ou gras vous attire irrésistiblement et de façon compulsive, c’est probablement que vous vous privez trop. Quand on écoute sa faim, sa satiété et son plaisir selon les principes de Zermati, on n’est pas censé avoir envie de se ruer sur le moindre bout de chocolat ou de lasagne. Ce genre de comportement trahit en général un état de restriction : vous vous surveillez trop au quotidien, vous vous privez de ce que vous adorez ou vous ne mangez pas assez en quantité et la moindre tentation, le moindre repas qui sort de votre cadre vous démange. Arrêtez alors d’engueuler votre chéri(e) pour avoir osé acheter de la pâte à tartiner et revoyez votre alimentation quotidienne pour ne plus être en état de manque face aux aliments plaisir. Votre alimentation est sans doute bien trop stricte, lâchez un peu la barre pour avoir un équilibre au quotidien qui inclut aliments légers et aliments ultra gourmands.

> Pour travailler plus en profondeur sur votre faim, votre satiété et vos émotions avec la nourriture, foncez lire le livre de Zermati ICI

About the author
Coach certifiée en Nutrition Naturelle, je partage ma passion pour la gourmandise, le sport et le bien-être dans une optique de bienveillance. De la Belgique à Paris en passant par New York et Rome, je ne me lasse jamais de découvrir de nouveaux délices mais je préserve un amour sans faille pour le chocolat et les frites.

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