Le jus de baoab, notre nouvelle boisson de récupération ?

Régulièrement, nous découvrons de nouveaux fruits et superaliments aux pouvoirs et aux nutriments soi-disant épatants. Il faut reconnaître que le fruit du baobab a de quoi nous faire de l’oeil : 6 fois plus riche que l’orange en vitamine C et 3 fois plus que le kiwi, 6 fois plus de potassium que la banane, 3 fois plus de calcium que le lait et 7 fois plus d’antioxydants que la grenade. Plutôt impressionnant ! Serait-ce notre nouveau drink post sport pour refaire le plein de nutriments ?

UN NOUVEAU FRUIT EN VOGUE

C’est la marque Matahi, localisée à Montpellier en association avec une coopérative du Bénin , qui a popularisé la boisson à la pulpe de baobab. A l’aide de vertus alléchantes et d’ambassadeurs de haut niveau, dont des champions des Jeux Olympiques, la maison a su réveiller la curiosité des sport addicts en quête d’une meilleure récupération et d’un maximum d’énergie.

Je confesse, j’en fais partie et je suis toujours curieuse de découvrir de nouveaux aliments. Mais aussi toujours sceptique face aux tendances exotiques souvent surcotées et coûteuses. Mon oeil de coach en Nutrition Naturelle se tarde donc toujours sur la valeur ajoutée – ou non- des nouveaux produits en vogue.

UN MARCHÉ JUTEUX

Sous sa coque rigide, le fruit du baoab se compose de graines recouverte de pulpe blanche, c’est cette pulpe qui est utilisée pour confectionner les jus. Le fruit épate par sa teneur exceptionnelle en nutriments, bien plus dense que les fruits classiques. Néanmoins, le marketing est un peu trompeur car c’est la poudre concentrée de pulpe qui atteint ces taux. Et c’est effectivement cette poudre qui est utilisée dans les boissons, une fois réhydratée. Cela n’en fait pas un mauvais produit mais quand-même un produit transformé et il faut le savoir.

Cela a également un impact écologique. Rien qu’en 2014, la production et l’exportation du fruit a fait rentrer 82000 dollars au Sénégal. Si la demande croissante est plutôt perçue comme une aubaine pour le commerce en Afrique, la production intensive affecte les baobabs, déjà très fragilisés par le climat. Avec la sécheresse, ils produisent de moins en moins de fruits. Cela n’arrête pas pour autant les industriels : d’ici 2025, le marché du baobab pourrait rapporter 350 millions d’euros. Cela soulève toujours la question des produits importés et de la surexploitation, comme pour la noix de coco.

A CONSOMMER AVEC MODÉRATION

Au final, cette boisson peut être intéressante pour des circonstances particulières, d’autant qu’elle est souvent sucrée de sirop d’agave : course longue distance, entrainement intensif, période de fatigue, manque d’immunité, grosses soirées alcoolisées, stress intense au boulot, remise d’une grippe… Le corps peut apprécier un coup de pouce chargé de vitamine C et d’antioxydants pour atténuer les effets du stress, de la fatigue, de l’alcool et des excitants.

Il faut toutefois en consommer avec modération car le taux de fibres est impressionnant : 44%, soit plus du taux journalier conseillé (35gr/jour) sur une quantité de 100 grammes. Les personnes souffrant de l’intestin irritable ou d’une digestion sensible doivent donc y aller prudemment avant de se ruer sur la bouteille. La teneur en potassium peut également être trop élevée en cas de troubles cardiaques ou rénaux.

Bref, c’est plus un fruit à consommer en cures ponctuelles ou en vue d’un objectif sportif particulier si votre récupération vous semble plus difficile. On trouve désormais les jus dans tous les magasins bios, de même que des gélules de poudre. Mais tant qu’à prendre des compléments, autant faire une prise de sang pour déceler les vraies carences  et consommer les vitamines et minéraux spécifiques à nos besoins. Le jus reste donc une meilleure option pour un petit rafraichissement acidulé et boostant en hiver, reste à savoir si c’est bon. Il parait que oui. Qui tente ?

About the author
Coach certifiée en Nutrition Naturelle, je partage ma passion pour la gourmandise, le sport et le bien-être dans une optique de bienveillance. De la Belgique à Paris en passant par New York et Rome, je ne me lasse jamais de découvrir de nouveaux délices mais je préserve un amour sans faille pour le chocolat et les frites.

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