73% des femmes ont des douleurs durant le sexe : quelles pistes pour y remédier ?

Près de 3/4 des femmes ont ou ont connu des douleurs gênantes durant les rapports sexuels, c’est ce que révèle une étude Britannique. Un chiffre plus précis de 73%, relativement haut qui soulève pas mal de questions, tant sur la communication de couple que sur la prise en charge et prise au sérieux des troubles gynécologiques chez les femmes. Mais comment expliquer un pourcentage si élevé et surtout, quelles solutions explorer pour une sexualité plus sereine ?

UN MANQUE DE COMMUNICATION OU D’ATTENTION

Tout problème qui concerne deux personnes amène forcément à se demander si les deux sont sur la même longueur d’ondes. Outre la confiance mutuelle, la mise en condition est très importante pour assurer une bonne lubrification et dilatation du vagin. Parfois, les préliminaires sont expédiés un peu trop vite, voire absents. Parfois, la méthode pour s’exciter ne colle pas à nos préférences. Chaque personne est unique, ce qui fonctionne sur l’un ne fonctionne pas forcément sur l’autre. Par peur de vexer, certaines femmes n’osent pas dire leurs attentes à leur partenaire et entament un rapport sans une excitation optimale, avec des conséquences physiques. Certains hommes de leur côté ne se préoccupent pas assez du plaisir de leur compagne et peuvent avoir une approche trop mécanique, sans tenir compte de leurs préférences. 

Durant le rapport, la vigueur peut être trop forte. Il y a des femmes plus sensibles que d’autres au niveau du vagin et qui nécessitent plus de douceur ou de temps pour supporter un rythme de pénétration rapide ou profonde. Certains angles peuvent parfois être plus douloureux selon la physionomie et les sensibilités de chacune. Il est important de trouver ce qui fonctionne pour soi, loin de la théorie, et de l’exprimer clairement au partenaire. De même qu’il est important que le partenaire soit réceptif aux sensations et au plaisir de la femme.

UN PROBLÈME DE VAGINISME OU VULVODYNIE

 Certains processus physiques peuvent lourdement compliquer les rapports. Parmi les plus connus, on retrouve entre autres le vaginisme : un phénomène de contraction des muscles pelviens qui empêche la pénétration ou la rend extrêmement douloureuse. Il peut se présenter après un traumatisme, à cause d’une peur psychologique du rapport, après une période de dyspareunie (douleurs durant le sexe) mais peut parfois apparaitre sans raison apparente et ce même au début de la sexualité. Le psychologique n’est donc pas toujours en cause et le corps nous échappe parfois dans son fonctionnement et ses réticences. Une thérapie avec un sexologue est alors une solution, après un contrôle gynécologique au préalable, pour débloquer progressivement le corps à l’aide d’exercices et de dilatateurs. Le processus peut être long mais il est bénéfique pour renouer avec ses parties intimes et sa sexualité.

Autres facteurs fréquents de douleurs, les vulvodynies qui se définissent comme des douleurs récurrentes ou permanentes à la vulve, comme des sensations de brûlures, d’irritation ou de tension. La plus fréquemment diagnostiquée est la « vestibulite« , située donc à l’entrée du vagin (le vestibule vulvaire) et engendrant des douleurs vives durant le sexe. On ne peut pas vraiment la considérer comme une inflammation en l’absence de signes visibles mais les sensations s’en rapprochent : douleur vive comme un coup de couteau, échauffement… Les causes peuvent être multiples : affection du nerf pudendal, irritations répétées, infection mal détectée, pilule mal adaptée, allergie… Un examen gynécologique et une thérapie seront encore de rigueur pour en venir à bout. Comme pour le vaginisme, les vulvodynies ne sont pas toujours bien diagnostiquées. Si votre gynécologue ne vous prend pas au sérieux, si les traitements pour infections vaginales ne donnent rien, changez de docteur et pensez à explorez ces pistes avec quelqu’un plus à l’écoute

UN PROBLÈME D’HYMEN

C’est rare mais cela existe pourtant : parfois, l’hymen est trop épais et recouvre trop l’orifice vaginal, on parle alors d’hypertrophie hyméneale. Selon sa forme de gravité, elle peut empêcher l’écoulement des règles, l’insertion de tampons et bien sûr compliquer les rapports sexuels.  Pour y remédier, une intervention chirurgicale est souvent nécessaire. 

UNE SÉCHERESSE VAGINALE

La flore vaginale est un équilibre fragile. Douche vaginale, piscine chlorée, manque d’hydratation, produits lavants irritants, pilule mal adaptée, bouleversements hormonaux et encore bien d’autres facteurs peuvent l’impacter et engendrer une sécheresse vaginale. En résultent alors des sensations de picotement, d’irritation, des gènes à la miction et des douleurs lors des frottements pendant les rapports. 

Pour y remédier, lorsqu’on a écarté tout soupçon d’infection, il faut commencer par traiter les causes à la source. Ensuite, un traitement local aidera à restaurer la flore : du gel lubrifiant et réparateur de type acide hyaluronique, des probiotiques oraux et des capsules vaginales de probiotiques pour refaire une flore en béton. 

L’ENDOMETRIOSE

Encore très méconnue jusqu’à ces deux dernières années, l’endométriose est un phénomène qui touche pourtant une femme sur 10. L’endomètre est un tissu qui tapisse l’utérus, s’épaissit au cours du cycle puis se désagrège s’il n’y a pas de fécondation, à travers les règles mensuelles. En cas d’endométriose, les cellules de l’endomètre vont migrer vers les trompes et coloniser d’autres organes. Cela engendre alors des lésions, nodules, kystes, inflammations et surtout : de vives et atroces douleurs, pendant les règles, les rapports, parfois des difficultés pour uriner ou déféquer. 

Le plus difficile dans cette maladie est souvent de l’identifier. Peu prise au sérieux par le corps médical, elle prend souvent plusieurs années à être détectée. Parmi les différents outils, on retrouve l’échographie pelvienne et endorectale, l’IRM et l’hystérographie (examen de l’utérus et des trompes). A l’heure actuelle, on traite souvent l’endométriose par les hormones pour empêcher la venue des règles, à l’aide de la pilule ou d’un stérilet hormonal. Dans les cas les plus graves, des cures de ménopause artificielle ou des traitements chirurgicaux peuvent être menés. 

UNE INFECTION DUE À UN DÉSÉQUILIBRE INTERNE

Mycoses, vaginose à gardnerella, mycoplasmes… Ces petites infections bénignes mais souvent handicapantes trouvent leur origine dans le microbiote de notre vagin. Le plus souvent, ces bactéries vivent en nous en petite quantité sans préjudice. Lorsqu’un déséquilibre de la flore survient (frottements, vêtements humides, sexe trop brutal, mauvaise lubrification, pilule pas adaptée, chlore…) ces mauvaises bactéries commencent à se multiplier et coloniser le vagin au détriment des bonnes. Surviennent alors les désagréments : rougeurs, inflammation, brûlures, irritations, démangeaisons, pertes blanches ou colorées, odeurs éventuelles…

Mais il arrive aussi qu’elles passent presque inaperçues ! En effet, les symptômes peuvent varier d’une femme à l’autre et d’une fois à l’autre. Parfois, une infection n’a pas été guérie à 100% et laisse quelques gènes qui sont d’autant plus perceptibles durant le sexe. Parfois l’infection n’avait même pas été détectée car elle était quasiment asymptomatique.  En cas de doute, il convient d’effectuer un prélèvement vaginal et d’arrêter les rapports qui aggravent les lésions. Un traitement local sera prescrit, suivi de capsules de probiotiques pour refaire la flore. En cas de récidives multiples, un traitement peut être administré au partenaire. Dans tous les cas, il veut mieux éviter les rapports jusqu’à guérison complète. 

UNE IST NON DIAGNOSTIQUÉE

A la différence des infections classiques, les IST ne sont pas naturellement présentes dans notre corps et se transmettent par voie sexuelle. Elles sont souvent accompagnées de symptômes mais une fois encore, elles peuvent passer inaperçues pendant longtemps. Les douleurs récurrentes du bas ventre et durant les rapports sexuels peuvent alors être un indicateur et inciter à faire dépistage. Plus longtemps elles restent non traitées, plus elles font des dégâts à l’intérieur en plus d’être transmissibles au partenaire.

Parmi les IST les plus discrètes ou négligées, on retrouve en général les chlamydias, la gonorrhée, l’herpès génital, le mycoplasme de type genitalium et le trichomonas. Si les traitements sont généralement efficaces, ils ne peuvent pas forcément pallier aux dommages qui ont été faits avant le diagnostic, avec entre autres un risque d’infertilité. Il est donc indispensable de se faire tester ou d’utiliser des préservatifs en cas de doute car ce n’est pas parce qu’un partenaire se sent bien ou n’a aucun symptôme qu’il n’est porteur de rien. 

 

About the author
Coach certifiée en Nutrition Naturelle, je partage ma passion pour la gourmandise, le sport et le bien-être dans une optique de bienveillance. De la Belgique à Paris en passant par New York et Rome, je ne me lasse jamais de découvrir de nouveaux délices mais je préserve un amour sans faille pour le chocolat et les frites.

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