Comment éviter les régimes inutiles ?
Comment éviter les régimes inutiles ?

4 régimes qui m’ont fait perdre mon temps et mon plaisir avant Zermati

Avant d’arriver à la voie de Zermati, à l’écoute de mon corps et de mes sensations, il y a eu quelques dérives. Et même en prenant conscience de l’approche de Zermati, il y a eu une période d’écarts et de tentations de régime, par effet de mode et par curiosité. Au final, ces tentatives ont  été parfois vaines, parfois avec perte de poids mais clairement pas sans conséquences néfastes. Et surtout : complètement inutiles !

RÉGIME N°1 : LA CHRONONUTRITION

Je me souviens avoir acheté le livre de Delabos un peu par hasard dans une librairie à l’âge de 16 ans. Je m’étais un peu enrobée depuis un an à force de fêtes arrosées, burgers et grignotages en tous genres et je rêvais du corps de Shakira. Le concept est assez simple : notre corps assimilerait et éliminerait mieux certains types d’aliments selon le timing auquel on les consomme.

Les règles étaient donc les suivantes :

  • du gras (fromage) au petit-déjeuner avec un peu de féculents
  • des protéines et féculents le midi
  • un peu de sucré au goûter (un carré de chocolat et un fruit)
  • un diner ultra léger voire inexistant (légumes et protéines)

Ces règles n’était pas distillées en freestyle, elles s’accompagnaient de quantités bien précises à respecter selon le gabari. Pour mon mètre 60, j’écopais de 60 grammes de pain le matin et 3 cuillères de pâtes le midi en guise de glucides. Comparé aux quantités que je mange maintenant, ce n’est rien et ce n’était surtout pas suffisant pour une adolescente !

Manger gras le matin avait pour but de caler un maximum, cela fonctionnait à peu près. Mais il y a plein d’autres petits-déjeuners plus attrayants et variés qui peuvent rassasier aussi efficacement. En revanche, aucun des autres repas ne m’amenait à satiété : j’avais en permanence faim ! Je finissais un repas et immédiatement, je rêvais du suivant, comptant les heures et scrutant ma montre tout au long de la journée. Je savourais mon carré de chocolat comme un Graal avant de baver à l’idée du diner, sans la moindre énergie. C’était le début des troubles alimentaires, de la frustration et de la restriction.

Vous l’aurez compris, ce régime était bien trop formaté pour correspondre aux besoins d’individus uniques, avec des activités physiques, âges, profils très différents. En prime, il était extrêmement routinier. Après quelques mois, je n’en pouvais plus du poulet-légumes verts le soir, du fromage, des goûters tous identiques. Je ne mangeais pas comme les autres, je ne prenais pas de plaisir, j’étais frustrée en permanence. Au final, j’ai perdu du poids (3-4 kilos) mais aussi tous mes repères. Je suis devenue complètement obsédée par les calories et la restriction et il a fallu une bonne année de travail mental pour apaiser tout ça après avoir abandonné ce régime.

Ce que j’en pense aujourd’hui

L’idée de manger copieux au petit-déjeuner et plus léger en soirée n’est pas idiote, le tout est de ne pas mettre chaque individu dans le même panier. Comme précisé plus haut, les quantités étaient bien trop petites : bien sûr on perd du poids mais c’est intenable à vie donc on finit forcément par reprendre. Enfin, il n’a jamais été prouvé scientifiquement que manger certains nutriments à certaines heures serait plus efficace que de manger de tout pour perdre du poids. Je fais à l’heure actuelle le même poids qu’à la fin de ce régime et ce depuis plusieurs années, sans frustration, sans « plan repas », sans restrictions.

RÉGIME N°2 : LE PAUVRE EN GLUCIDES

Ces pauvres glucides, qu’est-ce qu’on leur met sur le dos ! Comme beaucoup de jeunes femmes, j’ai eu en tête que les féculents étaient des ennemis, qu’il fallait les réduire au maximum pour être svelte et tonique. J’ai donc suivi une alimentation régime assez classique : une mini dose de céréales le matin, un peu de féculents avec protéines et légumes le midi et pas de féculents le soir.

Pour les encas, je me rabattais sur du fromage blanc nature (tellement appétissant n’est-ce pas) ou quelques amandes. Et Dieu sait que je prenais un paquet d’encas car à nouveau, j’avais tout le temps faim ! Alors je chopais une amande par-ci, un peu de fromage par là, une pomme, une tisane… J’essayais de tromper ma faim par tous les moyens au lieu d’admettre tout simplement que je ne mangeais pas assez.

Les féculents complets sont une source importante de minéraux, de fibres et d’énergie. Ils permettent de tenir le coup au sport comme au bureau, avec des heures de concentration. Mais plus que ça : ils apportent aussi beaucoup de plaisir ! Certes je n’ai rien contre un steak-haricots mais un bon spaghetti, ça fait plaisir aussi. Lorsqu’on s’évertue à éliminer ou réduire les féculents, on réduit aussi beaucoup les possibilités de plats. Adieu pâtes, gratin dauphinois et hachis parmentier au diner, bonjour salade rasoir.

Ce que j’en pense aujourd’hui

J’ai tenu quelques mois avant d’en avoir marre et de découvrir Zermati. J’ai du perdre un ou deux kilos, vite repris en contre-coup puis reperdus dès que je me suis mise au sport régulier, sans effort. Il faut savoir que la restriction à outrance ralentit le métabolisme. On perd un peu au début mais très vite, on stagne et on stocke au moindre excès. Relancer la machine n’est pas aisé mais vaut la peine pour mieux éliminer.

A l’heure actuelle, je ne calcule pas vraiment mes féculents mais j’essaie qu’il y ait une bonne répartition dans l’assiette de façon approximative : une portion de féculents, une portion de protéines et une portion de légumes ou fruits, sans qu’une portion ne soit énorme par rapport aux autres. J’ai un grand appétit, je prends du porridge le matin en bonne quantité, des féculents le midi, le soir et un goûter consistant. Mon métabolisme est plus performant que jamais et me permet d’être plutôt gourmande sans exagération.

Comment perdre sans se priver ?

RÉGIME N°3 : LE RÉGIME BODYBUILDERS

Au début de ma prise de masse après une perte de poids drastique et involontaire (stress intense, trop de sport cardio…), je me suis penchée sur le régime bodybuilders. Je suivais alors Zermati depuis quelques années, mon poids était stable et mon corps me satisfaisait grossomodo. Néanmoins, la promesse d’un ventre dessiné et sec et d’une fessier à la brésilienne m’ont fait lâcher tous mes bons principes. J’étais prête à quelques sacrifices pour passer d’un corps dans la norme à un corps de « fitgirl », convaincue que ce serait l’accomplissement suprême et le départ d’une confiance en moi au summum – scoop, ce ne fut pas le cas.

J’ai commencé à calculer mes macros (les nutriments classés en lipides, protéines et glucides) sur les repas et la journée, à comptabiliser les quantités et peser tout ce que je mangeais. Rien n’était laissé au hasard et je m’autorisais un ou deux repas « festifs » par semaine, en sucré ou en salé.

Pour le bon côté, ce régime m’a permis de mieux équilibrer mes assiettes de manière générale, d’y retrouver chaque catégorie d’aliments soit d’avoir des apports plus variés. Pour autant, les changements sur mon corps n’ont pas été fulgurants et mon ventre n’a jamais eu de 6-pack.

Ce que j’en pense aujourd’hui

Le régime bodybuilder autrefois réservés aux « bodybuilders » justement –logique – est aujourd’hui repris par bon nombre de femmes lambdas ou adeptes du fitness alors qu’il est destiné à des objectifs précis de compétition. Fait intéressant : la plupart des youtubeuses et influenceuses fitness qui suivent ce régime riche en protéines ont confessé avoir eu des troubles alimentaires plus jeunes (anorexie, boulimie, orthorexie). Si elles ont certes un poids santé désormais et parfois un corps dans les canons de beauté, ont-elles vraiment lâché prise ? Sont-elles vraiment bien dans leur peau ?

Car si ce régime n’est pas réellement néfaste au niveau du corps, il est tout sauf naturel. Peser, compter, additionner, planifier… C’est ôter toute la spontanéité et le plaisir impulsif de la nourriture. Au final, le régime bodybuilders est devenu le moyen pour beaucoup de femmes ayant des TCA (troubles du comportement alimentaire) d’avoir un contrôle absolu et quantifié sur tout ce qu’elles consomment mais sans mettre leur santé physique en danger.

Je n’ai pas rebasculé dans des gros TCA avec ce régime comme lorsque j’étais jeune. Mais lorsque j’ai commencé à envisager d’arrêter de tout peser, je me suis sentie paniquée. Là, j’ai compris que quelque-chose n’était pas normal. Qu’une part d’humanité et de spontanéité avaient disparu, alors que j’avais su m’alimenter 5 ans sans prendre de poids et avec plaisir auparavant avec Zermati, pour un corps assez semblable au final. Et là j’angoissais de grossir d’un coup si je ne pesais pas mes pâtes ou ma ration de pois chiches. C’est insidieux comme comportement, progressif. De l’extérieur, cela peut être perçu simplement comme être « super healthy » mais ça trahit une angoisse profonde et ce n’est surtout pas nécessaire. La nourriture peut être un plaisir mais pas une préoccupation constante, même sous une apparence positive. On ne devrait pas constamment penser à ce qu’on va manger, quand on va manger, quelle quantité on va manger.

RÉGIME N°4 : LE RÉGIME SANS SUCRE

A peu près en même temps que le régime bodybuilder, j’ai adopté deux ans le régime sans sucre. Ca tombait bien, les deux sont relativement liés : en bodybuilding, on évite le sucre au maximum et on le « planifie » en quantité généreuse une fois par semaine sous le nom sexy de « cheat meal ». J’avais regardé beaucoup de reportages français et américains sur l’omniprésence du sucre dans notre alimentation et ses conséquences néfastes sur la santé, en excès. Ce sont les termes « en excès » qui sont importants ici.

J’ai pratiquement supprimé le sucre du quotidien. Un fruit frais et un carré de chocolat extra noir dans les céréales le matin, une pâtisserie sans sucre ni édulcorant ou un fromage blanc avec fruit frais au goûter et basta. Pour le reste, des produits bruts cuisinés maisons, sans sucre ajouté. Une fois toutes les deux semaines, je m’accordais un petit écart sucré. Puis une fois toutes les semaines. Puis deux fois par semaine. Puis des gros écarts sucrés. Puis la moitié du pot de Nutella.

Tout cela s’est aussi fait très progressivement, j’ai tenu un certain temps, pratiquement un an, avant de basculer dans les compulsions. C’est un phénomène psychologique inévitable : on se prive, on est fière, on se motive puis vient la lassitude, suivie de la frustration. On s’autorise un écart mais comme le suivant sera dans longtemps, on se dit « foutu pour foutu ». Et chaque fois on se lâche un peu plus. J’ai fini par en avoir marre de planifier mon plaisir. Et je ne voyais pas trop l’intérêt de manger super clean la semaine pour m’exploser le bide le week-end. Ca revenait au même en calories mais une compulsion boulimique, ce n’est ni sain pour l’esprit, ni bon pour l’estomac.

J’ai fini par réintroduire un peu de sucre au quotidien. Une cuillère de pâte à tartiner bio dans le porridge le matin et un vrai goûter gourmand en plus d’un fruit : un ou deux biscuits ou un bon morceau de cake ou encore une tartelette maison ou un pain au chocolat de la pâtisserie végétale… Bref, un goûter qui tient au corps et qui me fait vraiment plaisir. Je n’ai pas repris de poids ni de ventre, il est même plus dessiné qu’avant.

Ce que j’en pense aujourd’hui

Il y a eu du bon dans ce régime : j’ai vraiment diminué mes envies de sucre. Je cuisine des produits de qualité, j’évite le sucre ajouté dans les repas salés et je n’ai plus besoin de desserts. Il y a donc eu un certain sevrage utile pour la santé. Néanmoins, l’excès de privation a eu son revers. Frustration, compulsions, manque de plaisir aux événements sociaux, besoin de contrôle… Tout cela pour des résultats physiques assez médiocres, mon corps n’a pas franchement changé durant cette période.

Contrairement à ce que beaucoup de gens du fitness promeuvent, consommer un peu de sucre au quotidien, sans exagération, ne détruit pas la silhouette. En prime, nous ne sommes pas des machines. Manger au mieux pour notre corps c’est bien mais on ne peut pas juste penser « utile ». Nous sommes aussi pourvus d’un sens du plaisir gustatif, du partage, de la convivialité. Apprécier une bonne part de gâteau de Mamy ou un brownie au tea-time avec les copines, c’est aussi un peu de bonheur au quotidien. Si c’était à refaire, je ferais simplement comme je procède désormais : modérer un peu la consommation tout en conservant des plaisirs au quotidien.

Découvrez ICI un morceau du livre de Zermati et dites adieu aux régimes !

About the author
Coach certifiée en Nutrition Naturelle, je partage ma passion pour la gourmandise, le sport et le bien-être dans une optique de bienveillance. De la Belgique à Paris en passant par New York et Rome, je ne me lasse jamais de découvrir de nouveaux délices mais je préserve un amour sans faille pour le chocolat et les frites.

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