mardi 9 octobre 2018

Interview d'Alex : une année de running et de records

Alexandre aka @alex_run sur les réseaux, Chef gastronomique, super papa et très bon ami, nous parle de son année de running parsemée de défis et de joie. Passionné de sport et de sports de combat en particulier, Alex a croisé ma route il y a un an et demi au cours de boxe et me met depuis toujours en difficulté avec son jeu de jambes rapide comme l'éclair. Aujourd'hui, c'est avec plaisir qu'il nous partage sa découverte du running, son entrainement et ses moments forts, du point de départ jusqu'à la ligne d'arrivée


On célèbre ta première année de running. Pourquoi as-tu envie de t'y mettre ?
"A vrai dire, je courais un peu à l'époque où je pratiquais le bodybuilding mais en salle, sur tapis. Néanmoins, j'avais toujours un peu des excuses pour lâcher : trop de boulot, pas le temps, trop fatigué... Mais j'ai toujours aimé ça. L'automne passé, j'ai eu envie de m'y remettre, avant tout pour m'amuser. J'ai fait quelques séances puis je me suis fixé un vrai objectif : le semi-marathon de Paris. Et là, j'ai acheté la montre et j'ai décidé de m'investir.

En prime, ça me semblait bénéfique pour la boxe. Comme tu sais, la rapidité des jambes est mon point fort et j'ai eu envie de travailler cette vitesse sur la durée. Courir était donc tout indiqué, d'autant que c'est de base recommandé pour tous les boxeurs. Bref, j'avais environ 6 mois pour tenter 21 kilomètres, poussé par l'envie de voir ce que je pourrais accomplir en étant persévérant."

Parle-moi des premières expériences et de tes objectifs.
"J'ai au final fait les 10 km de Vincennes un mois avant le semi. C'était surtout pour me mettre dans le bain et m'ôter l'appréhension du jour J. Je suis de nature stressée, je voulais savoir un peu comment ça fonctionnait le retrait du dossard, le choix du sas de temps etc. Je voulais me mettre dans le bain mais aussi voir quel temps je faisais sur 10 km pour me donner une petite idée de mon niveau avant le semi. 

J'avais fait 10 km en solo une semaine avant en 52 minutes et mon objectif était dès lors de passer sous la barre des 50 minutes. Mais le jour de la course, ma montre a buggé avec la localisation donc je n'avais aucune idée de mon temps. En recevant mon chrono, j'ai découvert, trop heureux, que j'avais fait 44'54". J'étais très surpris mais plutôt fier de ma performance. En général, j'évalue mon rythme grâce au bruit de mes pas et dans l'ambiance et la foule de la course, je n'avais vraiment plus aucun indicateur. Après, c'était vraiment par rapport à ce que j'avais réalisé seul avant, je ne projetais rien d'autre sur ce résultat que de me dépasser moi-même et je ne me comparais à personne."


Comment as-tu organisé ton entrainement pour le semi ? 
"A vrai dire, je n'ai fait aucun plan d'entrainement... Je courais 4 à 5 fois par semaine, en freinant un peu la boxe à côté et j'alternais les distances : 10 km, 15 km... Mon but était chaque fois d'améliorer ma foulée et mon chrono précédent. C'était important pour moi que la course reste un plaisir alors j'ai suivi mon propre feeling, tout en étant constant et rigoureux.

La seule fois où j'ai suivi un plan d'entrainement, c'était pour les 10 km de Paris car j'avais envie de battre mon temps de 44 minutes. En plus j'étais excité que l'arrivée soit au stade de France alors j'ai tout donné les semaines avant mais la course a été annulée une semaine avant. J'étais dégoûté et je n'en ai pas resuivi depuis, d'autant qu'un plan n'est pas adapté à chacun, je me suis déjà blessé ainsi. Je préfère écouter mon corps et m'ajuster semaine après semaine."

Au final, comment s'est déroulé ce fameux semi ?
"Mission accomplie dans le sas des moins d'une heure 50, l'objectif l'an prochain est de passer sous la barre de une heure 45. J'étais en moyenne autour de 4'59" mais sinon je suis plutôt proche de 4'45"/km. Au final, tout s'est bien déroulé jusqu'au 19ème kilomètre où j'ai subitement ressenti un énorme coup de barre: tête qui tourne, manque d'énergie... Avant cela, j'étais super concentré sur ma course puis en passant devant mon restaurant (Alex est Chef au restaurant Le Plateau de Gravelle) j'ai vu mes collègues m'encourager et je leur ai répondu tout excité mais je suis sorti de ma concentration. La fatigue m'a frappé de plein fouet et j'ai vraiment pensé que je ne pourrais pas finir. 

Je me suis alors rappelé d'une phrase de mon ami Romain Robert, sportif que j'admire énormément : "Surtout ne t'arrête jamais, marche mais ne t'arrête pas". Je me suis mis sur la droite pour ne pas gêner les autres et j'ai marché 40 secondes avant de reprendre un petit trop, au-delà de 6'/km. Puis il y a eu le moment magique sur la dernière ligne droite. J'ai vu mon fils Aden courir vers moi et nous avons franchi les derniers mètres et la ligne d'arrivée ensemble. On a également fini l'Oxytrail ensemble plus tard et mon objectif désormais est de finir chaque course avec lui."


As-tu connu des blessures ?
"Cet été, j'ai forcé en combinant vélo à dose de 60 km, natation et course tous les jours et j'ai fini par me blesser à l'adducteur. Je me suis donc mis en pause 2 semaines puis j'ai repris en douceur et je reste prudent. J'avais participé à un entrainement collectif pour le test de la nouvelle chaussure New Balance et le surentrainement combiné aux sprints - auxquels je ne suis pas habitué, surtout en courant sur l'avant du pied car j'attaque au talon- a forcément mal fini. Depuis j'ai appris à me reposer un peu et aller plus progressivement même quand le mental est à fond. Le corps a ses limites.

Selon les périodes, je cours plus ou moins avec les contraintes de mon travail et du quotidien. Pour l'Oxytrail, je sortais du ramadan et je n'étais pas au top mais j'avais heureusement l'entrainement du semi derrière moi comme base solide. Mais je ne me suis jamais découragé car la course à pied est devenue un hobby très important dans ma vie et tant que le plaisir y est, la motivation suit. Désormais, mon rêve est de réussir le marathon de Paris 2019."

Quels conseils donnerais-tu à ceux qui veulent s'y mettre ?
    • Acheter des bonnes chaussures, il ne faut pas lésiner sur le prix. Pour le reste, c'est selon les goûts de chacun et les marques préférées.
    • Ne faites pas attention au chrono des autres. La force du running, c'est qu'on court contre soi-même. C'est un défi personnel, ne regardez pas les autres.
    • Ne lâchez rien, la persévérance paye. Profitez du running pour vous ressourcer, faire le vide, reposer votre esprit et libérer votre corps.
    • Les entrainements collectifs peuvent être très motivants pour ceux qui ont du mal à se motiver seul, qui préfère avoir une team derrière eux. Il y en a plein à Paris, il ne faut pas hésiter.
    • Comme je dis toujours : devenez l'impossible !



Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire