jeudi 2 août 2018

Méditation et hypersensibilité : apaiser son esprit épuisé

VIS MA VIE D'HYPERSENSIBLE
Etre hypersensible, ce n'est pas avoir la larme à l'oeil devant chaque film neuneu ou le rire hystérique à la moindre blague. C'est plutôt se prendre chaque émotion comme un camion qui nous heurte de plein fouet. En cas d'émotion positive, c'est un peu comme une grosse décharge de cocaïne dans le cerveau : euphorie, bien-être et plénitude. En cas d'émotion négative, c'est la descente brutale avec la boule au ventre, les pires scénarios en tête, le stress, la mélancolie ou la négativité brute. Les personnes hypersensibles pourront confirmer : ressentir "plus fort" que les autres, c'est éprouvant mentalement et physiquement. C'est une alternance constante entre être shooté au bonheur et être au bord du gouffre dans tous les petits aléas de la vie.

On ne peut pas choisir de ressentir moins, mais on peut choisir de le vivre mieux. On peut apprendre à composer avec ses émotions et les facteurs extérieurs qui nous impactent pour en tirer le meilleur parti. Car si être trop sensible peut être vécu comme une malédiction - Ô cruel destin pourquoi ne suis-je pas froide et blindée - ce n'est pas dénué d'atouts

> Ressentir fort, c'est chouiner vite mais c'est aussi :
  • être très spontané et expansif
  • être franc et transparent sur ce qu'on pense
  • être très intuitif, percevoir des petits détails chez les autres et l'environnement autour
  • avoir de l'empathie
  • être créatif et souvent avoir un certain sens de l'esthétique
  • être fonceur, suivre ses impulsions et son instinct

Bref, un ensemble de "défauts" si tant est qu'on puisse les appeler ainsi, disons plutôt des contraintes, et un ensemble d'atouts, comme pour chaque personne au final. L'idée n'est pas de changer qui on est,  de refaire la musique mais de savoir bien accorder son piano pour parvenir à de jolies mélodies. On ne peut pas s'empêcher de ressentir mais on peut réduire, relativiser, utiliser l'impact que cela engendre chez nous. Il y a plein de méthodes chez les gourous du self-development pour mieux vivre son hypersensibilité mais celle qui m'a le plus aidée, de façon totalement inattendue, c'est la méditation.


MÉDITER POUR SE RECENTRER SUR L'ESSENTIEL

> Les débuts
Il y a un an, je me suis penchée sur la question de la méditation avec le succès de l'application Petit Bambou. J'ai suivi l'initiation gratuite pendant un mois et beaucoup apprécié, mais par la suite j'ai un peu décroché. Méditer n'est en effet pas une relaxation, cela demande une certaine concentration. Il faut être concentré sur son corps, sa respiration, ses ressentis, tout en sachant relâcher l'esprit. Bref, cela sonne comme du boulot et chaque fois, j'oubliais de me poser.

> Trouver son équilibre
Au final, je m'y suis remise ces derniers mois après avoir interviewé la spécialiste Marie-Laurence Cattoire pour le site Sens et Santé (voir mon article ici ). Elle m'a rappelé l'importance de savoir parfois se couper du brouhaha quotidien pour recharger ses batteries. De savoir parfois ne rien faire et ne pas surcharger son agenda pour se sentir bien, de savoir s'ennuyer. De savoir parfois se retrouver seul face à soi-même

J'ai donc décidé de m'y remettre mais sans me mettre de pression. Grâce à l'excellente initiation de Petit Bambou, j'ai compris les fondamentaux pour relâcher et recentrer mon esprit à la fois. Mais si parfois j'ai envie de mettre un fond de musique chinoise, je mets de la musique. Si je veux méditer sur ma chaise entre deux articles ou allongée dans mon lit avant le dodo, je me le permets. Si je veux méditer 30 minutes car je suis bien dedans ou 3 minutes express, peu importe. Peu importe le protocole officiel, je prends ce qui me fait du bien. 

> Etre bienveillant envers soi-même
Lorsqu'on médite, on ne peut pas se dire "ne pense à rien". L'esprit pense, vagabonde, c'est notre nature. Par moment, il va prendre les commandes. Ainsi, on se rend parfois compte après 5 minutes qu'on était complètement ailleurs, comme en se réveillant d'un rêve. Ce n'est pas grave. L'important, c'est de prendre conscience des divagations de l'esprit et de le ramener à l'instant présent. Se reconcentrer chaque fois, sans pression, sans se juger. Ce n'est pas forcément facile et c'est normal.



LA MÉDITATION POUR MIEUX VIVRE L'HYPERSENSIBILITÉ

> Recentrer son esprit, être plus présent 
Lorsque les ressentis sont forts au quotidien, les tentations de s'échapper le sont dès lors aussi. Vous avez peut-être déjà observé que vous partez dans vos pensées lors d'une réunion ennuyeuse, d'un conflit avec quelqu'un, d'un moment trop calme. L'esprit déconnecte ou fuit. La méditation permet de prendre conscience de sa propre rêverie, de se reconnecter au présent, d'être plus solide et  réactif pour affronter les choses.

> Cerner ses émotions et mettre du recul 
Ce n'est pas parce qu'on perçoit ses émotions qu'elles disparaissent. Mais en se recentrant sur soi, on peut souvent déceler des émotions floues qui nous empêchent d'être serein. Stress ? Fatigue ? Colère ? Inquiétude ? Mélancolie ? Impatience ?... Prendre conscience de ce qui nous ronge permet déjà de le relativiser, de mieux comprendre ses réactions. Ensuite, le recentrage de l'esprit permet de créer un certain recul entre les émotions et soi-même. A accepter qu'on ne peut pas tout contrôler. A être plus tendre et patient envers soi et ses ressentis. A mieux se connaître. 

> Vivre le présent
Se laisser emporter dans le torrent des émotions amène souvent à une forte mélancolie (revivre sans cesse le passé, soit pour se flageller, soit pour revivre de beaux moments encore et encore) ou à une forte angoisse du futur (vouloir tout anticiper, comprendre, appréhender). Jusqu'à en oublier de profiter de l'instant présent. On ne peut agir ni sur ce qui a eu lieu ni sur ce qui n'est pas encore arrivé. Tout ce qu'on peut faire, c'est agir sur l'instant présent et profiter de chaque parcelle de bonheur, là, maintenant, tout de suite. La méditation apprend à recentrer l'esprit et le corps sur le moment présent. 

> Entrer en relation avec ses émotions
Affronter ses propres émotions et prendre du recul, c'est aussi éviter de les décharger sur son entourage. Devenir plus autonome, plus réfléchi et apte à prendre des décisions sans être aux prises subjectives de ses ressentis, sans devoir être validé par les autres ni les assiéger de nos angoisses. 

POUR ALLER PLUS LOIN

> L'extraordinaire livre de Marie-Laurence Cattoire, pour se lancer avec toutes les clés


> Achat sur Amazon : ici

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire