mardi 16 janvier 2018

Opération organisme à neuf : l'argile pour réparer mon intestin

Voilà à peu près un an que mes premières crises d'eczéma se manifestaient sur mes joues, dont la cause alimentaire, à savoir l'histamine, fut enfin auto-diagnostiquée au printemps. J'ai depuis pris mon mal en patience pour maitriser au mieux cette nouvelle contrainte, éliminer certains aliments, en réintroduire d'autres minutieusement... Non sans l'aide de nombreuses lectures et ouvrages de spécialistes américains pour me guider et le résultat est plutôt concluant face à la gestion du quotidien. Néanmoins, il y a parfois moyen de faire plus. C'est sur les conseils de mon amie naturopathe Marion du blog Minimal Green que j'ai donc entrepris une cure d'argile, suivie d'une cure de probiotiques pour peaufiner encore cette rééducation de mon organisme. Coup d'oeil sur un trésor de la nature riche en vertus et sur mes impressions ! 

L'INTESTIN : COUPABLE ET VICTIME DES COLOPATHIES

D'après les chiffres de l'Anses, près de 4% des adultes souffriraient d'allergies alimentaires sévères mais nous serions pratiquement 45% à souffrir d'intolérances diverses. Si elles sont plus légères et moins dangereuses qu'une allergie au sens propre avec risque d'œdème, éruptions cutanées graves, suffocation et système digestif en destruction, elles n'en restent pas moins handicapantes. En prime, elles peuvent être présentes de longues années, tapies dans l'ombre, causes de divers maux mais insoupçonnées par leur nature subtile et polyvalente. 

Parmi les nombreux symptômes d'une intolérance alimentaire, on retrouve par exemple : 
  • des migraines
  • des troubles du transit (diarrhées, constipation)
  • des ballonnements
  • du reflux acide
  • des crampes de l'estomac
  • des spasmes de l'intestin
  • une fatigue chronique
  • de la dépression
  • de l'acné
  • de l'eczéma ou de l'urticaire
  • ...
Tous ces symptômes restent souvent longtemps imputés à d'autres causes avant que l'intolérance ne soit détectée. Des colopathies spécifiques peuvent également être à l'origine de ces maux, comme le syndrome de l'intestin irritable, la maladie de coeliaque, maladie de Crohn, etc. Au final, les affections bénignes de l'intestin comme l'intestin irritable touchent déjà près de 15% de la population. Dans tous les cas, adapter son alimentation est salvateur. Pourquoi ? Parce que l'intestin est bel et bien notre deuxième cerveau et il est particulièrement fragile. 


Petit rappel de base de biologie : après leur passage dans l'estomac, les aliments sont acheminés vers l'intestin grêle où une partie de leurs nutriments et leur eau sont absorbés. Le gros intestin assure ensuite le stockage et l'élimination des déchets et achève d'absorber les nutriments résiduels. Le gros intestin est par ailleurs un microcosme à lui tout seul, abritant des milliards de bactéries, virus, parasites et champignons. C'est un équilibre délicat entre les bons et les nuisibles qui définit ce microbiote, et il est vulnérable aux changements : stress, prise de médicaments, hygiène, environnement... 

Tous ces micro-organismes contribuent directement à la digestion, en aidant à la synthèse de certaines vitamines, l'absorption de divers nutriments, l'hydrolyse de l'amidon, la fermentation de certains résidus...  Un déséquilibre impacte donc directement notre digestion mais pas que. Le point crucial ici, c'est que cela influence également notre immunité. Toute muqueuse peut absorber des substances mais c'est le job principal des parois intestinales. Un déséquilibre dans les bactéries présentes peut entrainer des proliférations de nuisibles, enclenchant des réactions inflammatoires et par conséquence une réaction immunitaire locale. Ces inflammations, à force, altèrent la barrière intestinale qui agit comme "filtre" pour distinguer nutriments et micro-organismes pathogènes. Si elle ne fonctionne plus correctement, elle laisse passer les indésirables qui vont alors attaquer d'autres tissus et générer des réactions à plus grande échelle. La dysbiose est donc étroitement liée aux inflammations de l'intestin et problèmes digestifs qui en découlent mais aussi aux intolérances alimentaires : les parois poreuse laissent passer des substances non complètement digérées des aliments. Il faut donc réparer son intestin pour arrêter les réactions inflammatoires et immunitaires. 

REMETTRE SON INTESTIN À NEUF

Qu'on se le dise, aucune cure à elle seule ne peut faire de miracle. Sport, alimentation saine et repos sont indispensables pour apaiser l'organisme et éviter de l'agresser constamment mais un coup de pouce extérieur ne fait pas de mal. C'est là que l'argile intervient ! Entièrement naturelle, cette poudre est un véritable médicament naturel utilisé depuis la nuit des temps en médecine ayurvédique et chez les populations indigènes. Très prisée pour ses vertus cicatrisantes et apaisantes sur la peau, elle est également riche en propriétés pour nous chouchouter de l'intérieur. 

> L'argile évacue les substances toxiques : elle est un anti-poison naturel avec pouvoir absorbant et adsorbant, à savoir qu'elle attire et retient les bactéries pathogènes, vers et parasites du tube digestif, sans altérer nos bonnes bactéries pour autant. Elle a donc le pouvoir d'offrir un grand nettoyage interne pour restaurer notre flore intestinale. 

> L'argile répare les muqueuses : elle possède de fortes propriétés cicatrisantes et régénérantes et est donc une alliée de choix pour restaurer les parois du système digestif, mais aussi lutter contre les ulcères et diverses inflammations internes. C'est d'ailleurs mon médicament fétiche en cas de reflux gastrique après un repas trop gras ou épicé, ça tempère l'acidité de l'estomac et stoppe net la douleur de l'oesphage blessé ! 

> L'argile régule le transit : en effectuant son "nettoyage", l'argile peut générer quelques surprises du côté du transit. En général, elle l'accélère et entraine avec elle diverses substances pouvant être constatées dans les selles. Des douleurs stomacales ou rénales peuvent parfois apparaître, mettant en lumière des problèmes locaux parfois insoupçonnés et du coup en cours de traitement. Grâce à son pouvoir absorbant, l'argile élimine également les ballonnements, facilitant l'évacuation des selles.

> L'argile reminéralise le corps : les inflammations intestinales altèrent la bonne assimilation des minéraux, créant un terrain propice aux carences. L'argile est extrêmement riche en minéraux, particulièrement en fer, silice, calcium et potassium. De quoi donner un petit coup de fouet à notre santé, surtout dans le cadre d'une pratique sportive.


LA CURE EN PRATIQUE

Il faut adopter une argile de type surfine ou ultra-ventilée, adaptée à un usage en interne. On préfèrera l'argile verte, plus puissante que la blanche. Une cure s'étend sur trois semaines et comporte deux phases : l'eau d'argile et le lait d'argile. Les deux premières semaines, il suffira de mélanger une cuillère à café d'argile dans un verre d'eau de source - surtout pas de l'eau du robinet et surtout pas à l'aide d'une cuillère en métal, que du plastique ou du bois - et de laisser reposer toute la nuit. On consommera ensuite l'eau infusée au petit matin 15 à 30 minutes avant le petit-déjeuner, à jeun, mais sans le dépôt de poudre au fond du verre.  

Si l'organisme tolère globalement bien les effets de la cure, on pourra ensuite passer au lait d'argile entier pour la dernière semaine. Il faudra alors mélanger l'eau et le dépôt pour obtenir une eau plus opaque et épaisse avant de boire le tout. Le goût est particulier, poudreux, mais pas infect. J'ai connu des médicaments nettement pires, disons simplement que le goût est passe-partout mais pas particulièrement savoureux. 


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Lors de ma première prise, j'avais justement le ventre un peu gonflé et j'ai immédiatement senti après mon verre que mon organisme travaillait. Tout au long de la cure, l'argile a agi sur moi comme un léger laxatif, stimulant mon transit mais sans plus. Certains constatent des diarrhées fortes ou de la constipation, je suis visiblement chanceuse. J'ai également senti très vite un certain apaisement interne : digestion plus fluide, estomac plus plat, sommeil plus serein. Des effets constatés très rapidement et plutôt constants. Il n'y a pas eu de changements radicaux, de transitions au fil de la cure. Tous les effets sont apparus dès le début et ont perduré tout le temps de la cure. A noter également que mon intestin semble depuis globalement plus résistant face aux repas copieux ou gras entre amis. J'ai depuis toujours le syndrome de l'intestin irritable et il peut facilement s'emballer face à un repas moins équilibré mais ces temps-ci, il tient très bien le choc contre les écarts. Difficile de dire à quel point cela peut contribuer à lutter contre mes allergies mais de toute évidence, cela n'a pas fait de tort et ce n'est qu'une étape parmi d'autres. 

> Précautions particulières : il faut éviter de manger trop gras pendant la cure car cela forme un ensemble compact avec l'argile et peut créer des blocages. L'huile de paraffine est à proscrire. Dans le cas d'hypertension artérielle, l'argile est déconseillée. En cas de réactions trop violentes du transit, faire une pause d'une semaine puis réintroduire l'eau d'argile à plus petite dose. Ne pas oublier que l'argile agit sur les médicaments et peut annuler leurs effets, au même titre que le charbon végétal, et doit donc être prise à distance de ceux-ci ainsi que des contraceptifs. 

PRÉSERVER ET RENFORCER SON ORGANISME

Toujours sur les conseils de Marion, j'ai enchainé avec une cure de probiotiques, que je vous présente dans mon dernier article "coups de coeur bien-être et beauté", pour reconstituer ma flore intestinale. En plus de la gestion des aliments riches en histamine au quotidien, de bons réflexes sont également nécessaires pour continuer de réparer et renforcer mon intestin. Comme je l'ai souligné plus haut, une cure ne peut faire tout le travail à elle-seule, c'est l'hygiène de vie globale qui jouera. Pour cela, il est bon d'adopter une alimentation adaptée.

Alimentation anti-inflammatoire:
  • sucre avec modération
  • graisses saturées à éviter
  • éviter d'abuser du gluten (blé du matin au soir)
  • produits laitiers à modérer voir éliminer
  • faire le plein d'omégas-3 (huile de colza et de lin, graines de chia, poissons gras)
  • saupoudrer les plats de curcuma, anti-inflammatoire naturel, avec du poivre et de l'huile pour activer la curcumine
  • privilégier le bio pour limiter additifs et pesticides
  • privilégier des aliments bruts, non industriels pour limiter les additifs 
  • consommer des fruits et légumes frais, crus
  • éliminer tabac, alcool et excitants

Il ne faut jamais oublier que le stress est un facteur d'inflammation majeur. "Un esprit sain dans un corps sain" est plus que jamais un mantra à suivre pour reconnecter avec son corps et retrouver de l'énergie. Méditation, relaxation, yoga et autres pratiques de bien-être ont démontré leurs effets sur le renforcement de l'immunité et l'apaisement de l'esprit. Cela vaut donc la peine de les considérer dans le quotidien pour un mental au top et un corps rechargé à bloc. 



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