lundi 22 janvier 2018

Dossier peau à nu : mon année sans crème hydratante

C'est malgré moi que je me suis retrouvée à faire une petite (grande) détox cosmétique toute l'année écoulée. Pour rappel, j'ai commencé à développer des intolérances alimentaires fin 2016 suite à la prise d'un complément hautement dosé de b12. Coïncidence ou pas - mais je crois au destin - le lendemain, je faisais un rejet de ma crème hydratante : peau qui chauffe, rougit, boutons, gratouillis... Pour beaucoup de personnes, même si dénicher notre soin fétiche n'est pas toujours aisé, ce serait un désagrément mineur. Pour ma part, c'était bien plus problématique que cela : c'était la seule crème que je tolérais ! Désormais, ce n'est plus un problème puisque je n'applique plus aucun produit chimique sur ma peau et devinez quoi : elle va bien ! Mais comment en suis-je arrivée là ?

Le parcours du combattant 

Ma peau extrêmement intolérante 
Depuis mon adolescence, j'utilisais la crème Normaderm de Vichy, très hydratante tout en étant très légère en texture et sans obstruer les pores. Une crème pour peau juvénile en somme mais qui m'a toujours convenu. A l'âge de 25 ans, la curiosité m'a poussée à tester d'autres crèmes "pour changer". Et là, le drame ! Poussées de boutons en veux-tu en voilà. J'ai déduit que la nouvelle crème était trop grasse et j'en ai testé une dizaine d'autres mais les boutons ne s'amélioraient pas. En prime, je supportais très mal soit leur texture (trop asséchante ou trop grasse) soit leur parfum (irritant). J'ai fini par reprendre ma crème initiale Normaderm et faire un tour chez la dermato pour soigner ce qu'on pensait être une crise d'acné à renfort de quelques antibiotiques.

A l'aube de l'été 2016, catastrophe : ma crème a changé de formule. Je n'y porte pas plus d'attention que cela au début, malgré une sensation de peau sèche (produit trop agressif) mais très vite, des boutons apparaissent. Je comprends alors que ça n'a jamais été de l'acné mais une intolérance aux crèmes, une forme d'eczéma allergique. S'en suit alors une recherche effrénée pour trouver une nouvelle crème, à renfort d'échantillons en tous genre. Vous comprenez, je ne pouvais pas me passer de crème : ma peau tiraille énormément après la douche, elle est extrêmement sèche sans je n'applique pas de crème, se ridule et pèle vite. Après deux semaines de galère et de réactions cutanées, j'en trouve une par le plus grand des hasards qui me convient, une autre de la marque Vichy. Pourtant, elle est bourrée de produits chimiques et ultra parfumée mais soit, elle passe. Du moins jusqu'à la prise de b12 où ma peau la rejette violemment en 24 heures. 

J'entreprends alors de tester toutes les crèmes possibles, celles de supermarché, celles de pharmacie, celles pour peau ultra intolérante, celles certifiées bios, celles de l'étranger... Une cinquantaine de produits au total qui m'ont coûté un bras mais rien ne marche. J'entreprends alors de me tourner vers des solutions encore plus minimalistes. C'est là que je découvre la "slow cosmétique". Toutefois, avant d'aborder les soins naturels pour la peau, il faut d'abord comprendre comment celle-ci fonctionne.


Comprendre la peau et ses besoins

Les rôles de la peau
La peau est un organe (et pas des moindres avec 16% de notre poids total), à savoir une matière vivante qui réagit et évolue, en plus d'être un émonctoire qui évacue sueur et sébum. Et comme tout organe fonctionnel, elle peut parfois avoir besoin d'un coup de pouce mais elle est censée se réguler seule le reste du temps pour autant que l'on ait une bonne hygiène de vie. 

> Son premier rôle est celui de barrière : elle agit comme une enveloppe protectrice face aux agressions extérieures, les chocs, les rayons UV, les bactéries, les microbes... Elle est semi-perméable, avec une structure élastique. 

> Son second rôle est la transmission d'informations : la peau contient des terminaisons nerveuses, qui interviennent d'ailleurs dans le processus de régulation thermique du corps mais aussi dans le toucher voire pour faire intervenir le système immunitaire.

> Son troisième rôle est celui d'émonctoire : elle intervient donc dans le processus d'élimination des déchets à travers la sueur tandis que le sébum, substance grasse émise en surface, protège des agents extérieurs et partiellement des UV. 

Les couches de la peau
Du point de vue chimique, la peau est principalement constituée d'eau (70%), de protéines (27,5%) et de graisses (2%). Elle se renouvelle environ tous les mois et se divise en 3 couches principales :
  • L'épiderme, couche superficielle recouverte d'un film hydrolipidique protecteur et lui-même subdivisé en 5 sous-couches assurant une barrière face aux changements de température, au soleil et aux pertes en eau. Il a un pH légèrement acide. 
  • Le derme, une couche intermédiaire qui soutient l'épiderme et protège le réseau cardio-vasculaire et les terminaisons nerveuses
  • L'hypoderme, couche profonde de type tissu adipeux capable de stocker les graisses et donc de fournir de l'énergie et isolant thermique


Illustration : site Tpe-crèmes-hydratantes

Le film hydrolipidique est donc la barrière ultime entre notre corps et l'extérieur et est un mélange d'eau, de sébum, de sueur et de résidus issus de la kératinisation. Il agit au-dessus de la couche cornée, composée de cornéocytes, des cellules fermement liées entre elles par un ciment lipidique (gras). Celles-ci perdent beaucoup d'eau, c'est pourquoi il est important de maintenir leur "ciment" à tout prix pour limiter les pertes. Dès que la proportion d'eau diminue dans la couche cornée, l'aspect de la peau change pour devenir plus sec. 

S'il est important pour la souplesse générale de la peau, la partie capitale se passe pourtant plus profondément. La circulation sanguine a en effet lieu au niveau du derme et de l'hypoderme et c'est la première à assurer une peau éclatante et en bonne santé. C'est également le derme qui contient les substances aqueuses essentielles à l'hydratation de la peau, ainsi que le collagène et l'élastine, essentiels à son élasticité. L'épiderme est lui fourni en eau et en nutriments par les couches profondes, d'où 'importance de bien s'hydrater et d'avoir une alimentation équilibrée pour "nourrir la peau" de l'intérieur. 

Comprendre son vrai type de peau
Toutes les peaux sont différentes mais on peut les regrouper sous des caractéristiques communes. Malgré tout, il faut garder à l'esprit que les crèmes cosmétiques peuvent modifier leur rendu et donc notre perception de leur type. J'ai longtemps pensé avoir la peau déshydratée et grasse, alors qu'elle est plutôt de type mixte, sensible et intolérante.

> Peau grasse : elle produit trop de sébum et a un aspect brillant, avec des pores épais et dilatés. 

> Peau sèche : son filtre hydrolipidique est altéré ou naturellement faible en lipides, la rendant sèche et terne, avec un grain de peau fin et serré. 

> Peau mixte : elle combine une peau grasse sur la zone T et une peau sèche sur le reste du visage.

> Peau sensible : elle réagit très vivement aux facteurs extérieurs (froid, chaud, eau, soleil, tissus...), a facilement tendance à rougir, chauffer, gratter ou tirailler. 

> Peau intolérante : elle supporte très mal les facteurs extérieurs (changements de température, pollution, soleil...) et les produits en tous genres (crèmes, huiles, parfums, lessives...). Le degré d'intolérance varie d'une personne à l'autre, de léger à très élevé. 

> Peau déshydratée : elle tiraille, en particulier sur l'extérieur du visage et est striée de petites ridules. Elle peut également présenter des petits boutons rouges de déshydratation. C'est toutefois un état transitoire, éphémère et non un réel type de peau. 

> Peau à problèmes :  acné, eczéma, psoriasis, rosacée, dermite séborrhéique... sont autant de pathologies pouvant affecter la peau et ayant également des traitements possibles dans la slow cosmétique. 

Pour chaque type de peau, la règle reste la même : en faire le moins possible. Non, il n'y a pas besoin d'appliquer 10000 produits différents, même naturels pour préserver ou réparer sa peau. Les protocoles les plus simples sont les plus efficaces, sous peine d'agresser l'épiderme et de coûter cher en produits inutiles. Même les peaux à problèmes ont leurs propres protocoles au naturel pour améliorer leur état.


Les cosmétiques chimiques : inutiles et addictifs
Les cosmétiques issus de la pétrochimie ont été inventés pour répondre à des critères toujours plus exigeants sur la beauté dans notre société. On ne devrait pas avoir de rides, de marques, de cernes, de rougeurs... C'est simple : on ne devrait même pas avoir de pores d'après les pubs! Ils sont donc riches en composants chimiques destinés à "camoufler" nos imperfections ou simuler un traitement sans réellement atteindre les causes. 

On retrouve donc dedans de l'eau, des silicones pour flouter l'aspect du teint et autres agents occlusifs comme la paraffine pour limiter les pertes en eau, des corps gras le plus souvent synthétiques, des conservateurs mais aussi des émulsifiants, colorants et parfums pour l'aspect marketing de la crème et son ressenti sur la peau. Dans les crèmes anti-âge, on peut également retrouver des actifs liftant comme l'acide hyaluronique. 

> Le problème : outre le fait que nous appliquons sur notre peau des produits toxiques, ceux-ci prennent en charge son hydratation cellulaire. Ils la "déshabituent" à travailler seule, si bien que dès qu'on arrête les crèmes, la peau tire, sèche ou graisse, pèle. Donc on remet de la crème pour avoir un soulagement immédiat et un rendu potable. Au fil du temps, la peau devient de moins en moins tolérante aux produits, de plus en plus sensible et surtout de plus en plus dépendante. Heureusement, il n'est jamais trop tard pour la "mettre à la diète" et arrêter le cycle infernal des cosmétiques chimiques. 

Passer à la slow cosmétique

Qu'est-ce que c'est ? 
Le concept a été créé par Julien Kaibeck et promet une cosmétique écologique, responsable et naturelle. C'est depuis un label déposé, qui possède son propre site. Il ne suffit donc pas de faire du bio pour recevoir ce label, encore faut-il que la démarche de production respecte un ensemble de critères humains, techniques et environnementaux. En effet, si les produits bios ont une composition nettement plus saine, ils ne sont pas forcément dénués de chimie à l'excès et encore moins de marketing poussé, parfois au détriment des producteurs et de la nature. Au fil du temps, la notion de slow cosmétique a pris un sens plus large auprès du grand public, évoquant les méthodes de beauté et de soin les plus naturelles et minimalistes possibles tout simplement.


 La peau version slow
Nous avons vu que la peau est hydratée de deux manières : de l'intérieur à travers l'alimentation et partiellement de l'extérieur à travers le maintien d'un film hydrolipidique solide. En gros, à travers des apports de gras, les seuls d'ailleurs à pouvoir réellement pénétrer en profondeur puisque la peau est imperméable aux matières hydrophiles. Nous avons vu qu'elle a un pH légèrement acide qui doit être respecté pour sa résistance et éviter la prolifération de bactéries dessus. 

Les crèmes classiques utilisent des agents hydratants soit capables d'attirer et retenir l'eau dans les cellules. Ils ne contribuent pas à améliorer le ciment lipidique. En outre, vous serez peut-être surpris d'apprendre qu'il existe des agents "hydratants" entièrement naturels pour un coup de pouce supplémentaire. 

Pour récapituler, l'entretien de notre peau nécessite trois choses :
  • un nettoyage doux
  • un démaquillage éventuel
  • une hydratation simple

Nettoyer ma peau au naturel 
Avant l'arrivée des problèmes, j'utilisais un gel Normaderm pour désincruster les pores. Avec ma pratique du sport intensif au fil des ans, je l'utilisais donc parfois plusieurs fois par jour. Or ce type de gel nettoyant du commerce est extrêmement astringent et asséchant pour la peau, en plus de contenir les mêmes produits toxiques que les crèmes. Ma première étape fut de réfléchir à un nettoyage plus doux et plus naturel. Et de conclure que je me nettoyais beaucoup trop le visage.

La nuit, la peau travaille et se régénère, elle produit également un peu de sébum qui est sa barrière naturelle. A toujours la laver le matin, par gel moussant ou eau micellaire, j'altérais en continu cette barrière protectrice. J'ai donc commencé par ne plus toucher à ma peau le matin et la laisser un peu faire sa vie. Restait à trouver une option pour le soir. Il existe beaucoup d'options slow et naturelles pour laver sa peau sur lesquelles nous reviendrons dans le futur dans des articles spécifiques : savons surgras, argile, lait d'avoine, huile, liniment, hydrolats...

J'ai choisi d'utiliser les hydrolats. Ce sont des eaux florales, obtenues par distillation des végétaux à la vapeur. Il s'agit donc d'eau contenant une infime quantité (1 à 3%) d'huile essentielle de fleur, plante ou fruit et globalement très bien tolérée par tous. Leur point fort? Ils sont légèrement acides, respectant donc parfaitement la nature de notre peau, ce que ne fait pas une eau simple. En prime, ils apportent les vertus de la plante qui les compose et chaque hydrolat a ses propriétés spécifiques. Chaque peau peut donc trouver celui qui lui convient, avec un risque d'intolérance très limité. 

Après lecture assidue des différentes possibilités sur le net et quelques tests parfois infructueux, j'ai fini par opter pour un hydrolat de rose et un hydrolat de menthe poivrée. La rose possède des vertus apaisantes et régénératrices, soit un anti-âge naturel, en plus de donner beaucoup d'éclat au teint. La rose de Damas possède également un pH identique à celui de la peau. La menthe poivrée elle est astringente et purifiante, idéale après le sport lorsqu'un nettoyage plus profond s'impose. Je m'en sers les jours de sport, après un rinçage à l'eau, de source de préférence car l'eau du robinet m'assèche beaucoup la peau. Un petit coup d'hydrolat sur une lingette pour parfaire le nettoyage et le tour est joué ! Une fois par semaine environ, je fais un nettoyage plus profond avec de l'argile blanche et un peu d'eau de source pour désincruster les pores en profondeur. 

Démaquiller ma peau au naturel 
La technique la plus simple ne tombe pas sous le sens : c'est l'huile ! N'importe quelle huile végétale peut à la fois démaquiller les cosmétiques et nettoyer la peau en même temps car elle ôte tous les résidus présents en douceur. Il suffit d'humidifier un coton ou une petite éponge, d'ajouter un peu d'huile de notre choix puis de passer soigneusement sur le visage. On peut également appliquer l'huile directement dans les mains avec un peau d'eau puis masser sur le visage mais c'est un peu plus barbare comme approche. 

Ma peau ne tolérant pas très bien les huiles végétales - nous y reviendrons plus bas - je m'en contente pour les yeux, moins intolérants, en privilégiant l'huile de jojoba, l'huile d'amande douce et l'huile de calophylle qui offre en prime un soin anticerne efficace. J'ai à disposition des lingettes en éponge très douces et des lingettes en microfibre adaptées au démaquillage pour nettoyer en toute simplicité en accrochant tout ce qu'il faut. Pour le reste du visage, quand occasionnellement je mets un peu de correcteur sur un bouton d'eczéma, je m'en tiens à l'eau et à l'hydrolat mais toute personne qui tolère bien les huiles peut les utiliser sur le visage entier. Ma peau capricieuse reste une exception.

Hydrater ma peau au naturel
C'est là que c'est devenu plus compliqué. La méthode la plus simple et la plus réputée en slow cosmétique consiste à mélanger une noisette de gel d'aloe vera, qui a des vertus hydratantes, à quelques gouttes d'huile adaptée à son type de peau, faire chauffer dans les mains et appliquer sur le visage. On a ainsi l'agent hydratant qui attire l'eau sur le visage vers l'intérieur des cellules et l'agent gras qui renforce le ciment lipidique et forme une barrière. Bémol : je ne tolère bien ni l'un ni l'autre. J'ai tenté beaucoup d'huiles mais ma peau finissait toujours par les rejeter. Il faut le savoir, même les parfums naturels peuvent être mal tolérés. 

Pour une personne lambda, ce combo est idéal et pratique. Du sirop d'érable peut également être utilisé à la place de l'aloe vera car le sucre possède également ce pouvoir hydratant. J'ai tenté, j'ai beaucoup aimé la sensation mais rebelote, ma peau a fini par ne plus supporter son parfum naturel. En désespoir de cause, j'ai tenté la glycérine pure, qu'on retrouve en version synthétique dans les crèmes mais que j'ai achetée en version végétale chez Aroma-Zone. Echec encore. Mais notez bien que l'aloe vera, le sirop/miel et la glycérine végétale sont tous de bonnes options pour augmenter votre hydratation. J'ai alors pensé me contenter de l'huile uniquement, puisque c'est le seul composant vraiment indispensable mais je n'ai pas encore trouvé d'huile que mes joues tolèrent à long terme. 

A bout de solution, j'ai donc décidé de ne plus rien mettre du tout sur ma peau. Sur le célèbre blog Oleassence, il était expliqué qu'une détox complète quelques temps peut de toute façon être bénéfique à la peau quand elle ne supporte plus rien. Première nouvelle : je ne pensais même pas qu'il était possible de ne rien mettre sur son visage ! J'ai donc scrupuleusement lu les indications sur ce qui pouvait arriver lorsqu'on passe à des soins naturels voire à une détox complète pour me préparer à la suite.

Effets temporaires possibles lors du passage à la slow cosmétique : 
  • peau très déshydratée 
  • peau sèche, qui pèle
  • rougeurs
  • teint brouillés
  • boutons
  • peau grasse

En gros, lorsqu'on arrête d'utiliser des crèmes conventionnelles, la peau peut connaitre un effet "rebond" quelques temps. Elle n'est plus habituée à travailler seule aussi elle peut se rebeller les premiers mois, le temps de s'ajuster. Il faut alors s'armer de patience et garder la foi pour ne pas recraquer sur des cosmétiques chimiques.


Mon évolution au fil des mois
Les premières semaines furent les pires : ma peau tirait énormément. Elle était inconfortable, pleine de petites ridules de déshydratation sur les joues, au coin de la bouche et près des yeux. Elle rougissait également facilement et mon nez pelait légèrement. Bref, ce n'était pas plaisant comme sensation mais j'ai tenu bon. Jusqu'au troisième mois, j'ai eu la peau extrêmement sèche et marquée, le teint brouillé avec des zones un peu rouges et d'autres qui pelaient.

A partir du troisième mois, ma peau a commencé à retrouver son confort. Les sensations de tiraillement ont disparu, les ridules se sont grandement atténuées et mon teint a retrouvé de l'éclat et de l'uniformité. J'étais même surprise de constater que ma peau au naturel est plutôt pas mal au final et franchement peu grasse sur la zone T - quand elle n'est pas agressée constamment par les produits chimiques. 

Il aura quand même fallu attendre 6 bons mois environ pour qu'elle retrouve de la souplesse. Si après 3 mois, les sensations d'inconfort et le teint brouillé étaient résolus, ma peau restait quand-même assez sèche d'aspect, extrêmement mate. C'est après une demi-année qu'elle a vraiment fini par se réguler complètement pour prendre un aspect normal, comme si je n'avais jamais arrêté ma crème hydratante. J'ai eu la chance de ne pas avoir de poussées de boutons, l'espacement des nettoyages et mes nouvelles méthodes ne m'ont pas du tout créé d'imperfections. En dehors des passages d'eczéma alimentaire, ma peau est pratiquement parfaite, bien plus que lorsque j'appliquais des crèmes. Je ne l'aurais pas cru à l'époque !

>  Et maintenant ? J'utilise un peu plus d'huiles pour mon contour des yeux, une zone étonnamment moins réactive que le reste du visage et parfois de l'huile d'arnica lorsque j'ai un coquard sur la joue après la boxe. Je varie également un peu mes hydrolats et ma routine maquillage, déjà minimaliste de base, a été grandement simplifiée : anticernes, mascara, parfois de l'eyeliner et un baume à lèvres slow. Mon anticernes étant très couvrant, je l'utilise parfois pour cacher un bouton d'eczéma localement mais je ne mets jamais de fond de teint qui couvre tout mon visage. Ma peau doit respirer, faire sa vie sans être constamment sollicitée et ça permet aussi d'éviter les nettoyages intenses chaque jour. C'est aussi ça passer à l'esprit nature : accepter que la peau est un organe vivant, fluctuant. On s'en fiche que les hommes aient des pores apparents, un teint pas toujours uniforme ou un bouton passager. Pourquoi dès lors devrions-nous chercher à tout prix à avoir une peau digne de Photoshop ?

Parfois, ma peau est plus sèche certains jours. Je n'y touche pas, je la laisse se rééquilibrer toute seule. Je n'ai par exemple jamais appliqué de crème hydratante sur la peau de mon corps (de temps en temps un peu d'huile d'amande sur les jambes ou les tatouages) et elle a toujours très bien fait sa vie. Après, j'ai conscience que l'absence d'huile végétale sur mon visage peut fragiliser mon ciment lipidique à terme. Je garde espoir que ma peau finisse par accepter certaines huiles ponctuellement dans le futur, maintenant qu'elle devient un peu moins réactive. Mais dans le pire des cas, ils faisaient bien sans pendant des millénaires. En attendant, je la renforce au maximum de l'intérieur en buvant beaucoup d'eau et en faisant le plein de bons acides gras, de zinc, et de vitamines et de minéraux à travers mon alimentation : poisson, fruits et légumes frais, céréales complètes, huiles vierges pressées à froid... L'hiver est bien entamé et mon visage tient parfaitement le coup mais j'ai hâte de découvrir de nouvelles possibilités et trésors de la nature pour un teint de pêche.

Pour aller plus loin : les experts du net à ne pas louper

> Le blog de Julien Kaibeck L'essentiel de Julien : incontournable, illustré en vidéos et fourmillant de conseils beauté et bien-être au naturel pour toute la famille, des pieds à la tête

> Le blog de Christine Cuisiniez Oleassence : lancé par une ancienne pharmacienne, il explique très bien les mécanismes de notre peau et propose des routines pour tous, même les maladies cutanées plus difficiles (psoriasis, couperose...)

> Le blog de Noémie Beauty Survivalism : la slow cosmétique en mode McGyver et tout autour du monde, à l'aide des produits à portée de main et souvent insoupçonnés

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